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Comment protéger son portefeuille d'actions pour l'été

Les étés boursiers sont parfois meurtriers. Les turbulences de juin ont déjà donné des sueurs froides aux investisseurs. Comment passer des vacances sereines ?

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Bourse protéger portefeuille

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Si l‘été 2012 a plutôt été bénéfique au CAC 40, les mois de juillet et août 2011 ont laissé des traces dans les mémoires des investisseurs. Comment procéder pour ne pas être pris au dépourvu en cas de malaise estival des marchés financiers ? D'abord, il ne faut pas surestimer les dangers de l'été. « Sur vingt-cinq ans, 51,9 % des étés sont haussiers [indice Euro Stoxx 50, NDLR], explique Bertrand Lamiel, directeur de la gestion sous-mandat chez B*capital. Il n'y a pas de saisonnalité estivale marquée. Toutefois, il est vrai que les étés sont plus volatils que le reste de l'année. Compte tenu de l'extrême sensibilité des marchés à la simple anticipation d'une politique monétaire de la Fed un peu moins expansionniste, cela risque d'être le cas en 2013. »

 
 

L'exercice de couverture est d'autant plus délicat que la fiscalité pousse les investisseurs à détenir leurs actifs dans les cadres juridiques les plus favorables : plan d'épargne en actions (PEA) ou assurance-vie, qui restreignent la liberté d'action des épargnants.

Les actions sont détenues dans un PEA

Normalement, les titres détenus dans un PEA le sont pour le moyen-long terme, au minimum de cinq ans. «  A priori, le détenteur de PEA ne doit pas modifier ses positions pour l'été. En faisant des allers-retours intempestifs, il court le risque de prendre les marchés à contre-pied », met en garde Stéphan Chenderoff, membre du directoire de Cyrus Conseil, société de conseil en gestion privée et gestion de fortune. L'arbitrage au sein d'un PEA est aussi moins attractif que par le passé, car le rendement des fonds à profil monétaire mais éligibles au PEA est devenu quasi nul. Si on compte les frais d'arbitrage, l'opération a un solde négatif. On échange donc le risque d'une perte potentielle, qui peut certes être importante, contre une perte d'un montant très faible, mais certaine.

Dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie

Généralement, le portefeuille détenu via un contrat d'assurance-vie est plutôt composé de FCP. Dans la plupart des multisupports, il est facile, et parfois gratuit, d'opérer des arbitrages, la tactique estivale serait alors d'opérer un arbitrage en faveur du fonds en euros (à capital garanti). Faut-il pour autant tout arbitrer ? «  En principe, les choix sont effectués en fonction d'un profil de risque défini au départ, explique Stéphan Chenderoff . Il serait donc logique de cantonner ses transferts vers le fonds en euros pour sécuriser des plus-values»

«  Pour se couvrir, certains contrats permettent d'utiliser des "trackers bear" [dont le cours évolue à l'inverse de celui du marché, NDLR] », précise Fabrice de Cholet, président de Cholet Dupont, mais cette spécificité est plutôt rare. Enfin, il est judicieux d'utiliser les options de sécurisation prévues dans les contrats haut de gamme : écrêtage des bénéfices ou « stop loss » (une perte ayant atteint le plafond fixé entraîne un transfert automatique du capital investi sur un support en euros).

Un compte titres ordinaire

Si les actions sont détenues sur un compte titres ordinaire, il existe davantage de possibilités de mise en place de couverture, notamment via des produits dérivés. « Les gros portefeuilles peuvent mettre en place une stratégie de vente de "calls" [NDLR : vente d'options d'achat] sur des titres en leur possession. Si le titre monte jusqu'au prix d'exercice du "call", l'option d'achat est exercée par l'acheteur, mais le vendeur conserve la prime encaissée lors de la vente du "call". Si le titre baisse, le "call" est abandonné par l'acheteur. Notre actionnaire garde ses titres et la prime des "calls" vendus vient accroître le rendement de son portefeuille », explique Fabrice de Cholet. Reste que, dans le contexte fiscal actuel, il faut se demander si la détention d'un simple compte titres permet d'optimiser la détention d'actions. Rien n'est moins sûr. Mais, pour bénéficier d'un cadre fiscal plus favorable, il faut d'abord vendre puis ouvrir un contrat d'assurance-vie ou un PEA, et ensuite racheter des titres dans ce nouveau cadre. Les épargnants, craignant un été meurtrier, peuvent céder leurs titres avant de partir et attendre septembre pour se repositionner dans une enveloppe fiscale plus avantageuse. Toutefois, souligne Bertrand Lamiel, «  il faut accepter les risques liés à la détention d'actions. D'ailleurs, nous pensons que les risques, aujourd'hui, existent au moins autant sur l'obligataire que sur les actions. Il faut donc arbitrer la partie obligataire longue et sensible en faveur d'obligations court terme ou d'obligations convertibles, si l'on veut garder la sensibilité. Sur la partie actions, les plus anxieux auront intérêt à sélectionner des valeurs réagissant peu aux fluctuations des marchés. Nous avons trié les valeurs en fonction de leur "bêta bull" (surréaction à la hausse) et de leur "bêta bear" (surréaction à la baisse). Certains titres comme Schneider Electric, Ageas ou L'Oréal surréagissent à la hausse et sous-réagissent à la baisse. »

 

Marie-Christine Sonkin
Se couvrir avec les produits dérivés
Les « put warrants » permettent de se constituer une assurance contre la baisse : le droit de revendre ses actions à un prix fixé, supérieur au cours.
Les certificats « bear » permettent de parier sur la baisse d'un actif.
Les CFD (« contracts for différence ») permettent de prendre position sur une action (un indice, une devise…) à la hausse ou à la baisse avec un effet de levier.

 

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