Depuis septembre 2011, l'assurance-vie décollecte, signe d'une désaffection des épargnants. Des chiffres à relativiser, en mettant en avant les atouts persistants de ce placement. Première partie de notre dossier.
Malgré de nombreuses évolutions, l’assurance-vie continue de bénéficier d’un environnement fiscal toujours privilégié. Si l’assurance-vie reste avant tout un produit d’épargne à long terme, le régime fiscal des rachats partiels ne constitue pas un obstacle pour l’épargnant qui a un horizon de placements à plus court terme ou a un besoin urgent de liquidités.
Une désaffection relative
Les raisons avancées pour expliquer le moindre succès récent de l’assurance-vie sont diverses : une priorité des ménages pour le désendettement, des besoins de trésorerie, des arbitrages envers d’autres placements, des retraits liés à une recherche de compléments de retraite joint à une baisse des rendements des contrats en euros.
La baisse de rendement constatée depuis plusieurs années sur les fonds en eurosest sans doute l’une des principales raisons de la désaffection relative des épargnants, qui a également été amplifiée par la hausse des rendements des livrets réglementés et le développement des livrets bancaires.
Sur le plan fiscal, plus que les réformes intervenues ces dernières années c’est davantage l’incertitude fiscale qui est à l’origine d’un certain attentisme des épargnants. Pourtant après des craintes sur un renforcement de la fiscalité de l’assurance-vie, son régime fiscal a été épargné par la loi de finances 2012, alors que les modifications 2011 avaient été limitées et ciblées (« gros contrats, contrats des non-résidents, etc.).
Il reste donc que ce placement conserve intacts ses nombreux avantages pour celui qui souhaite se constituer une épargne tout en voulant optimiser sa transmission. Grâce à une grande disponibilité, une souplesse, une diversité en matière d’investissement et des atouts fiscaux, l’assurance-vie, également outil d’optimisation de transmission, reste incontournable (en savoir plus sur la fiscalité en cas de décès)
Un placement souple et disponible
Si l’assurance-vie reste un produit d’épargne longue, il est important de rappeler en préalable qu’il n’y a aucun blocage des capitaux et que l’épargne reste disponible à tout moment. Ainsi, même si fiscalement il est plus intéressant d’épargner pendant une durée d’au moins huit ans, le capital peut être à tout moment récupéré totalement ou partiellement. Le poids de la fiscalité évolue avec la durée et seuls les intérêts sont imposables (en savoir plus sur la fiscalité des rachats)
Un régime fiscal épargné par la loi de finances 2012
La loi de finances 2012 et les différentes loi de finances rectificatives 2011 ont accentué la fiscalité immobilière (plus-values), celle des valeurs mobilières (durcissement du régime des plus-values et hausse des taux de PFL) et celle des différents placements à taux fixe soumis au PFL de 19%, relevé à 24% (livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme, etc). Parallèlement, les différents taux de PFL auxquels sont soumis les intérêts en cas de rachats sur un contrat d’assurance-vie n’ont subi aucune hausse.
Caroline de Francqueville