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Les assureurs veulent favoriser l'essor de la rente viagère

en partenariat avec Les Echos

Le premier Livre blanc sur l'innovation dans l'assurance a été rendu public hier. Lancé à l'initiative du pôle de compétitivité Finance Innovation, il identifie neuf chantiers prioritaires, qui sont annoncés pour la rentrée.

L'encre était à peine sèche hier pour la présentation du premier Livre blanc sur l'innovation dans l'assurance en marge du Forum Paris Europlace. L'initiative avait été lancée sans tambour ni trompette fin 2009 par le pôle de compétitivité mondial Finance Innovation. Sur 70 pages, ce texte défriche un sujet dont les assureurs parlent relativement peu. « Cela peut surprendre, mais c'est une terra incognita pour nous », reconnaît ainsi Michel Dupuydauby, le directeur général du groupe MACSF, qui a piloté ces travaux auxquels ont participé 150 personnes d'horizons très divers (assureurs, universitaires, représentants d'assurés et d'épargnants, entre autres). « Du fait de produits et de processus non brevetables, les assureurs n'ont jamais précisé ce qui dans leur activité pouvait être caractérisé comme innovation », explique-t-il.

 

 

« Acteurs imaginatifs »

 

Le contexte se prêterait volontiers à ce genre de réflexion. Comme Michel Dupuydauby le relève, l'innovation n'est désormais plus l'apanage des seuls organismes d'assurance : « Avec le développement d'Internet, de nombreux acteurs imaginatifs sont aujourd'hui en mesure de contribuer au renouvellement de cette activité. » Et de citer l'exemple des comparateurs d'assurances qui ont révolutionné le marché britannique. Le nouveau cadre prudentiel qui s'appliquera à l'assurance européenne à partir de 2013 devrait également changer la donne. « Solvabilité II va générer u ne vague d'innovations assez extraordinaire. Il faudra des produits et des organisations adaptés à ce nouvel environnement », annonce Michel Dupuydauby.
Dans l'immédiat, ce Livre blanc cible neuf actions prioritaires « à lancer dès maintenant ». Autant de chantiers qui sont annoncés pour la rentrée. L'une des propositions les plus emblématiques préconise la création d'un marché de la rente viagère. Le Livre blanc le décrit « comme le complément de retraite par capitalisation indispensable », puisqu'il offre un revenu garanti à vie.

 

« Ce produit a malheureusement souffert ces dernières années », regrette Jean Berthon, le président de la Faider, qui regroupe plusieurs associations d'épargnants. Dernièrement, la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) suggérait de rendre possible la transformation d'une assurance-vie « classique » souscrite depuis plus de huit ans en assurance-vie retraite avec sortie en rentes versées à partir de l'âge de la retraite.

 

Les promoteurs de ce texte veulent également relancer les contrats d'assurance-vie eurodiversifiés, présentés « comme un complément prometteur aux contrats multisupports ». Ce qui suppose la mise en place d'un modèle de gestion actif-passif spécifique, précise le Livre blanc.
Sur la dépendance, l'autre grand sujet du moment pour les assureurs, ce texte souhaite « le lancement d'une grande étude longitudinale », dont les résultats seraient publiés « régulièrement » et « largement diffusés ». Le tout afin de développer une meilleure connaissance du risque et, in fine, « d'améliorer l'offre assurancielle ».

 

 

Fonds d'investissement dédié

 

Les rédacteurs du Livre blanc ont également une solution pour répondre au besoin de financement des petites mutuelles alors que Solvabilité II obligera à immobiliser plus de capital. Soulignant que « les intervenants habituels du financement des PME ne sont pas nécessairement adaptés » à la problématique de l'assurance, il recommande la création d'un fonds d'investissement dédié et qui fonctionnerait par prise de capital ou achat de titres participatifs subordonnés.



Laurent THEVENIN