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OPCVM : la gestion flexible pas toujours à la hauteur

La gestion flexible n'a pas fait d'étincelles en moyenne sur 3 ans. Elle n'en demeure pas moins une philosophie d'investissement intéressante dès lors que le gérant a véritablement les mains libres.

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OPCVM : la gestion flexible pas toujours à la hauteur

Bel idéal que celui de la gestion flexible ! Destinée à s'adapter à toutes les configurations de marché, elle cherche ainsi à capter les périodes de hausse des marchés ou à amortir ses baisses grâce à une allocation d'actif évolutive et diversifiée. Autrement dit, elle laisse les mains libres à un gérant de manière à lui permettre une performance meilleure que celle qu'il aurait pu avoir en étant contraint par un univers ou un indice. Nourrie par la liberté de ses choix d'investissement, cette gestion est donc en mesure d'afficher des gains quelles que soient les tendances boursières.

Un même fonds pourra passer d'une stratégie protectionniste du capital quand les Bourses ont du vague à l'âme à une autre, plus agressive une fois les marchés bien orientés. Comment ? Simplement en donnant carte blanche au gérant dans l'assemblage et le poids des classes d'actifs entre actions, obligations, produits monétaires et produits de couverture. Au final, un fonds pourra donc être tout à tour aussi bien investi en totalité en actions qu'exposé principalement à des instruments monétaires et (ou) obligataires.

Offre enrichie

Cette gestion vertueuse délivre l'épargnant de questions telles que le timing d'investissement et la ventilation de ses actifs boursiers. Hélas, au pays de la gestion collective rien n'est jamais tout à fait simple. La dénomination " gestion flexible " n'existe pas dans la classification officielle de l'Autorité des marchés financiers, qui la range parmi les " OPCVM diversifiés ". Une catégorie " fourre-tout " dans laquelle voisinent aussi bien des produits qui n'ont rien à voir (fonds monétaires dynamiques…) que des fonds profilés, " mixtes ", discrétionnaires ou à performance absolue…

Mais qu'importe l'appellation pourvu que l'épargnant bénéficie d'une philosophie d'investissement efficace sur tout terrain ! En l'espèce, la catégorie " flexible France-euroland " établie par Morningstar est riche d'enseignements. En termes " quantitatif " d'abord, l'offre s'est considérablement enrichie. Elle compte actuellement quelque 31 fonds contre 18 en 2007 et 11 en 2005 ! Une belle accélération, imputable notamment à une crise de confiance qui est venue depuis 2008 relativiser la rigidité du fonctionnement de la gestion active traditionnelle.

Du côté de la performance, la réalité est moins enthousiasmante. D'un côté, la gestion flexible ne s'en sort pas si mal en enregistrant en moyenne sur trois ans une perte de - 13 % quand l'Eurostoxx 50 abandonne - 30,7 % sur la même période. De l'autre, seuls 4 OPCVM sur 18 évoluent en territoire positif… C'est peu ! Comme quoi, flexibilité ne rime pas forcément avec gains.

En tout cas, avant d'investir, le particulier doit non seulement vérifier dans le prospectus AMF la liberté de gestion octroyée au gérant mais aussi analyser la performance du fonds à l'aune d'un long historique afin de mesurer la consistance de la gestion sur différentes phases boursières. Reste ensuite à croiser les doigts pour que le gérant reste fidèle à son poste… Car la confiance accordée à la gestion flexible dépend aussi du talent de son pilote.

Blandine BLANC-DURAND

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