Election américaine, une incertitude de plus pour les investisseurs

La planète finance tourne au rythme des Etats-Unis. Le résultat de l’élection présidentielle du 8 novembre dépasse donc le cadre américain.

élections américaines

Laurent Gaetani, directeur général de Degroof Petercam Gestion, fait observer que plusieurs défis attendent le 45e président des Etats-Unis : redynamiser une économie en fin de cycle, relancer l’investissement, stopper la dégradation des finances publiques, le tout avec une politique « potentiellement moins accommodante » et, vraisemblablement, une opposition du Congrès.

La politique d’Hillary Clinton est dans la continuité de celle de Barack Obama. Les réformes se feraient notamment par l’augmentation des dépenses publiques (infrastructures, éducation, aide sociale) et par la hausse du salaire minimum (de 7,25 $ l’heure à 12 $). La « réforme phare » de Donald Trump porte sur une refonte des impôts, avec une baisse pour les ménages (trois tranches au lieu de sept pour l’impôt sur le revenu : 12 %, 35 % et 33 %) et pour les entreprises (de 35 % à 15 %). « Le problème, commente Laurent Gaetani, provient du financement de cette réforme. Par ailleurs, Donald Trump adopterait une approche protectionniste, avec une renégociation des accords de l’Organisation mondiale du commerce et du North American Free Trade Agreement, la restauration des taxes douanières ainsi qu’une politique migratoire ultra restrictive. »

 

La santé fait débat

Une présidence républicaine, souligne Mark Burgess, responsable des marchés actions chez Columbia Threadneedle Investments, génèrerait plus d’incertitudes. S’agissant de la santé, Donald Trump s’est montré « catégorique » : l’Affordable Care Act [également appelé Obamacare] doit être abrogé, même si les chances qu’il obtienne le soutien dont il a besoin sont « minces ».

Le candidat a évoqué une taxe de 10 % sur les rapatriements de capitaux, estimés à 2.000 milliards de dollars, détenus hors des Etats-Unis par les firmes américaines. Si son programme était appliqué, l’élection pourrait constituer un facteur « disruptif », pour reprendre le terme de Philippe Ithurbide, directeur recherche, stratégie et analyse chez Amundi, un scénario qui, selon lui, a une probabilité « proche de 0 % ». Nadège Dufossé, responsable de l’allocation d’actifs chez Candriam Investors Group, note qu’Hillary Clinton est favorable à une réduction du coût des soins de santé, en diminuant le prix des médicaments, mais que la croissance attendue dans le secteur est « significativement plus importante » que pour l’ensemble du marché.

D’après Christophe Nagy, spécialiste des actions américaines chez Comgest, la correction des cours des valeurs pharmaceutiques créée des opportunités, car ce qui arrivera ne sera pas « aussi catastrophique » que ce qui aura été anticipé. Le professionnel indique aussi que le président des Etats-Unis a moins de pouvoir qu’on ne le croit généralement. Le marché, lui, paraît s’attendre à une victoire démocrate.

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Pascal Riégis, coresponsable de la gestion fondamentale actions chez Oddo Meriten Asset Management.

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