L’or brille à nouveau pour les investisseurs

Actif tangible sans risque d’émetteur qui trouve sa place en diversification de portefeuille, l’or retrouve la faveur des investisseurs.

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L’once d’or valait dernièrement 1.256 $, soit 33 % de moins qu’en septembre 2011, alors que le coût d’extraction tourne en moyenne autour de 850 $. La performance des sociétés minières, dont les cours ont bondi depuis le point bas de janvier 2016, est à mettre en perspective avec la chute qui l’a précédée. Ainsi, sur trois ans, la hausse des valeurs aurifères n’excède pas celle des actions globales. Et, depuis leur pic de 2011, elles accusent un repli de 60 %, quand l’indice MSCI Monde enregistre une hausse de 60 %.

« Depuis l’écroulement de l’industrie provoqué par celui des prix de l’or, explique Arnaud du Plessis chez CPR AM, la course à la production a été mise de côté au profit d’une restauration de la profitabilité et des bilans. Ce retour à meilleure fortune offre de multiples opportunités : réduction de l’endettement, développement de projets, reprise ou augmentation des dividendes, opérations de croissance externe. »

Un bas de laine de 100 milliards d’euros

Selon Alain Corbani, gérant du fonds Global Gold & Precious (Finance SA), les prix du métal fin et les cours des mines d’or devraient être bien orientés, car les taux d’intérêt réels (taux apparents moins inflation) vont rester bas « pour très longtemps », le dollar ne devrait pas s’envoler et les matières premières sont dans une « phase de retournement ».

François Delassus, responsable de la communication de CPoR Devises, souligne aussi que le contexte est porteur pour l’or physique. « Associés à la perspective d’un ralentissement dans le cycle des hausses de taux américains, les politiques de taux d’intérêt négatifs au Japon et en Europe, déclare cet expert, entretient l’attrait des investisseurs pour l’or. L’incertitude fait le reste. »

Les sujets d’inquiétude ne manquent pas, de la transformation du modèle économique chinois à la précarité du système bancaire italien, en passant par la fragilité de la croissance en zone euro, l’impact du Brexit, la menace terroriste, les tensions migratoires, etc. Au premier semestre 2016, les investisseurs ont acquis des volumes d’or sans précédent : 1.064 t en barres, lingots, pièces et fonds indiciels cotés adossés au métal précieux.

Selon le World Gold Council, il y aurait, dans le monde, plus d’or qui a déjà été extrait (183.600 t) que d’or encore à extraire (55.000 t). Les bijoux représentent 47 % de l’or. Le solde se partage entre l’investissement privé (20 %), les banques centrales (17 %) et l’industrie (16 %). Notons que tout l’or à la surface de la Terre tiendrait dans un cube… dont les côtés ne mesureraient que 21,2 m ! Les Français détiendraient 3.000 t d’or (pièces et lingots), soit plus de 100 milliards d’euros. Pour 37.410 € (cours au 17 octobre), vous pouvez acquérir un lingot. Sinon, les napoléons, qui valent 214,20 € pièce, sont plus abordables…