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Investissements en actions : assurance-vie ou PEA ?

Où placer ses valeurs mobilières : points forts et points faibles de l'assurance-vie et du PEA

Assurance-vie et PEA : quelles différences ?

Comment choisir entre le PEA et l’assurance-vie ? Plusieurs critères sont à examiner en tenant compte du profil et des attentes de l’investisseur : souplesse de fonctionnement, diversité d’investissement possible ou encore les options à la sortie et leurs conséquences fiscales.

Comparons les avantages respectifs de ces deux supports de placement à long terme pour décider en connaissance de cause.

Le montant de l’investissement : les limites du PEA

La première différence tient aux conditions d’ouverture et de versements : elles sont plus contraignantes pour un PEA.

En effet, il est nécessaire d’être contribuable pour pouvoir ouvrir un PEA : un foyer fiscal ne peut détenir au maximum que deux plans et il est impossible d'en souscrire au nom d'un enfant rattaché.

Ensuite les versements sont plafonnés à 150 000 euros pour un PEA et 75 000 euros pour un PEA-PME. Cela représente tout de même 450 000 euros de versements. Après huit années de détention, retirer d'un PEA n’entraîne pas sa clôture, mais attention : vous ne pourrez plus faire de versements.

C'est beaucoup plus simple de ce côté pour l’assurance-vie : l’épargnant peut ouvrir autant de contrats qu’il le souhaite et sans limite de versements. Enfin en ce qui concerne le minimum du 1er versement et des versements ultérieurs ce sont les établissements qui les fixent à leur convenance que ce soit pour le PEA ou pour l’assurance-vie.

Un univers de placement plus restreint pour le PEA

Via le PEA, un épargnant peut investir directement en actions ou parts d’OPCVM, avec cependant une limite qui tient à l’univers de placement.

Seules les actions et les parts de sociétés qui ont leur siège social en France ou dans un pays de l'Union Européenne, en Islande, Norvège ou au Lichtenstein, qui sont soumises à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent, ainsi que les actions et parts d'OPC (Sicav, FCP) investis à hauteur de 75 % au moins en titres européens, peuvent être achetées.

À l’exception de quelques compagnies qui donnent accès aux actions en direct, l’assurance-vie en unités de compte est limitée aux OPC. En revanche, aucune restriction géographique ou concernant la nature des titres (actions, obligations, parts de SCPI ou OPCI…). C’est l’assureur qui fixe la limite en décidant du choix et du nombre d’unités de comptes proposé. Ces derniers critères sont très variables en fonction des contrats.

Autre point en faveur de l’assurance-vie : le fonds en euros. Dans les contrats multisupport, il permet de modifier son profil de risque. Comment ? En cas de tempête boursière, ou à l’approche de la retraite, l’épargnant peut arbitrer ses UC actions au profit du fonds en euros, et mettre totalement ou partiellement son capital à l'abri.

Ce n'est pas le cas du détenteur d'un PEA. S’il allège ses actifs risqués pour sécuriser son capital, il ne peut que laisser les montants en cash - en attendant des opportunités d’achat - ou effectuer un retrait avec ses éventuelles conséquences fiscales.

Avant d’atteindre la maturité fiscale : le match est inégal

Qu’il s’agisse de l’assurance-vie ou du PEA, tous les deux bénéficient d’un régime fiscal dont l’intérêt croît avec le temps. La maturité fiscale, c’est-à-dire une exonération totale ou partielle de l’impôt sur le revenu, n’est atteinte qu’au bout d’une certaine durée.

  • 5 ans pour le PEA,
  • 8 ans pour l’assurance-vie.

Avant ce cap, l’imposition dépend de la durée de détention et, pour l’assurance-vie, du niveau d’imposition du détenteur du contrat.

Après 5 ans les gains générés dans le PEA sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu. Dans le cas de l'assurance-vie, même après 8 ans, les gains restent taxables - soit à l'impôt sur le revenu, soit sur option à un prélèvement forfaitaire libératoire de 7.5 % - avec toutefois un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou de 9 200 euros pour un couple et un calcul de l'assiette imposable qui rend l'impôt généralement faible au regard des sommes récupérées. Chaque retrait est en effet composé d'une partie de capital et d'une partie intérêt ou plus-value. Seul la part d’intérêts sera imposée.

Avant d’atteindre ces seuils de maturité fiscale, la règle est la même pour tous les détenteurs de PEA : un taux forfaitaire de 22,5 % (+ les prélèvements sociaux) pour une sortie lors des deux premières années de détention, puis de 19 % entre 2 et 5 ans de détention. Des taux intéressants pour les contribuables les plus aisés aux revenus imposés dans les tranches supérieures du barème (30 %, 41 % ou 45 %).

Dans l’assurance-vie, chaque retrait partiel comprend une part de capital et une part d’intérêt et pour cette dernière l’épargnant peut choisir l'intégration des revenus à sa déclaration pour être soumis au barème de l’impôt sur le revenu, ou opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) :

  • de 35 % lors des quatre premières années
  • de 15 % de 4 à 8 ans de détention.
  • de 7,5 % avec un abattement comme vu ci-dessus, au-delà de 8 ans.

Un point commun important pour les deux enveloppes : elles permettent de prendre date sur le plan fiscal puisqu’un épargnant peut ouvrir un plan ou un contrat avec un montant minimal afin de faire démarrer le délai qui lui permettra d’atteindre le régime fiscal optimum.

La souplesse profite à l’assurance-vie

L’assurance-vie permet d’effectuer versements et rachats partiels pendant toute la durée du placement sans conséquences en termes de clôture comme c’est le cas pour le PEA. Mais il faut veiller aux conséquences fiscales liées à l’imposition des gains des rachats partiels. Dans l'assurance-vie, un retrait n'empêche absolument pas d'effectuer de nouveaux versements !

Pour le PEA, ce n’est qu’après huit ans que les retraits n’entraînent pas la clôture du PEA, il n’est donc pas à privilégier si l’on souhaite pouvoir effectuer des retraits avant ce délai.

A noter que si cela n’est pas le cas pour l’assurance-vie, il est très aisé de changer d’établissement bancaire en transférant son PEA -bien sûr en conservant l’antériorité fiscale.

Une rente viagère défiscalisée pour le PEA

Si vous acceptez l’aliénation de votre capital en optant pour une rente viagère, sachez que la rente issue d'un PEA (au moins huit ans après l’ouverture du plan et moyennant le transfert du PEA auprès d’une compagnie d’assurance) est uniquement soumise aux prélèvements sociaux et sur seulement une partie de la rente définie exclusivement en fonction de l’âge du bénéficiaire au moment du premier versement de celle-ci.

Dans l’assurance-vie, les versements de la rente viagère sont taxés à l'impôt sur le revenu, mais pour une fraction seulement. Cette fraction taxable est déterminée en fonction de votre âge lors du 1er versement (70 % à moins de 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % au-delà).

Avantage successoral pour l’assurance-vie

Le PEA ne bénéficie d'aucun avantage en termes de droits de succession. Ce critère est très important à prendre en compte si l’un des objectifs poursuivi est la transmission d’un capital. En effet le match est ici gagné sans appel par l’assurance-vie puisque les montants du PEA clôturé du défunt entrent dans la succession du défunt pour être taxé selon le droit commun.

En revanche c’est un des gros avantages de l’assurance-vie : lors du décès du souscripteur et selon son âge au moment des versements les capitaux peuvent être -sous certaines conditions- versés sans aucune taxation à l'héritier de votre choix (parent ou tiers) via la clause bénéficiaire.

L’assurance-vie ouvre en effet droit à une imposition forfaitaire sur les capitaux perçus au taux de 20 % puis 31,25 % après un abattement par bénéficiaire de 152 500 euros pour les versements avant 70 ans. À noter que cet avantage se cumule avec celui d’un abattement global limité à 30 500 euros pour les primes versées par un assuré âgé de 70 ans ou plus. Dans ce dernier cas les gains sont exonérés de droits de succession.

Deux supports d’investissement complémentaires

Au vu de ces éléments, il ressort que l’assurance-vie et le PEA restent des placements à long terme puisque le régime fiscal optimum n’est atteint qu'au-delà de plusieurs années de détention. L’analyse comparative entre le PEA et l’assurance-vie ne doit pas se limiter à leur régime fiscal mais doit faire intervenir les attentes et le profil de l’épargnant.

L’assurance-vie a l’avantage de permettre de suivre différents objectifs de constitution du capital mais aussi de transmission et ce même dans le cas de très gros patrimoines.
Si le PEA est plutôt réservé pour la gestion des actifs risqués du patrimoine, les deux supports sont complémentaires dans le cadre d’une stratégie globale patrimoniale.