Point Marchés Amundi – Décembre 2015

Comment analyser le fait que les marchés soient tournés vers les stratégies des Banques Centrales ?

Environnement de marchés

Les marchés ont bien résisté en novembre dans un contexte économique en demi-teinte et de fortes tensions géopolitiques notamment en Europe. A ce stade, les investisseurs attendent d’en savoir plus sur les stratégies à venir des Banques Centrales.

Avec d’un côté, la BCE qui devrait renforcer son programme d’achats d’actifs pour soutenir la reprise en Europe. Et de l’autre, la FED qui devrait remonter ses taux. Mais comme ces stratégies sont diamétralement opposées elles vont forcément impacter les marchés à court terme.

On le voit déjà sur la partie obligataire. Tous les taux longs européens continuent de baisser. Y compris en Espagne et en Italie.

Côté devises, l’euro continue de baisser contre dollar. Il côtoie ses plus bas annuels. Quant au  pétrole, il baisse de plus de 11% sur le mois.

Les perspectives économiques

En Zone euro, côté croissance, c’est un peu moins bien que prévu au 3ème trimestre. Mais la dynamique est toujours là. Pour preuve, l’indicateur global d’activité, le fameux PMI est au plus haut depuis 4 ans. Avec la baisse du pétrole, la baisse de l’euro et la politique accommodante de la BCE, on comprend mieux pourquoi elle a relevé sa prévision de croissance pour cette année.

Aux Etats-Unis, la croissance a été revue à la hausse grâce à l’investissement immobilier et la consommation. La bonne tenue du marché de l’emploi et la hausse des salaires soutiennent la consommation et cette tendance devrait se poursuivre. En revanche, les indicateurs industriels sont moins bons. Sans doute à cause du dollar fort. Mais, la FED estime tout de même que l’économie américaine est mûre pour une première hausse des taux en décembre.

Côté chinois, le ralentissement semble maitrisé. Les autorités poursuivent la transformation du modèle de croissance via des politiques monétaires et budgétaires ciblées. La consommation et les services progressent au détriment de l’industrie.

Au Japon, l’économie est retombée en récession. C’est surtout l’investissement des entreprises qui recule. Mais, la consommation, elle, progresse et la production industrielle est en hausse. Le gouvernement a réitéré son intention d’assouplir sa politique monétaire pour atteindre ses objectifs d’inflation.

En résumé, la croissance mondiale va rester proche de 3% en 2015. Mais le fossé se creuse à deux niveaux. Tout d’abord, entre les pays développés portés par une demande interne solide et des pays émergents fragilisés. Et ensuite, entre un consommateur qui soutient la reprise et un secteur industriel en perte de vitesse. 

Les choix d’investissement d’Amundi

En cette fin d’année où l’attention des investisseurs est centrée sur les décisions des Banques Centrales, Amundi reste favorable aux actifs risqués en privilégiant les thématiques qui bénéficient des politiques monétaires accommodantes.

A commencer par les actions européennes qui ont beaucoup d’atouts : retour de la croissance, euro faible, taux bas et pétrole bas. Si la BCE agit début décembre, les marchés devraient rebondir dans la foulée.

Côté américain, Amundi est neutre. Car la hausse des taux prévue en décembre va pénaliser les marchés actions qui nous semblent déjà bien chers.

Idem, pour les actions japonaises. Amundi attend la réaction de la Banque du Japon pour renforcer nos positions.

Amundi reste prudent sur l’ensemble du monde émergent. Mais Amundi garde ses positions sur l’Inde. Le pays poursuit ses réformes et dispose de nombreuses marges de manœuvre pour soutenir sa croissance.

Côté obligataire, Amundi maintient le thème du rendement en favorisant les obligations d’Etats des pays périphériques de la Zone euro. Amundi garde aussi ses obligations privées car elles devraient bénéficier des mesures à venir de la BCE.

Amundi reste positif sur les obligations publiques émergentes libellées en dollars. En priorité celles émanant de pays importateurs de pétrole.

Enfin, Amundi a pris une position de change favorable au dollar contre yen. Cette diversification est guidée par les perspectives monétaires menées par les banques centrales de ces deux pays.