Point Marchés Amundi – Octobre 2015

Une fin de trimestre compliquée, quelle analyse ?

Ces derniers mois, les marchés financiers ont connu beaucoup d’agitation entre la Grèce, la Chine, les déclarations de la FED ou encore la défiance après l’affaire Volkswagen. Les résultats parlent d’eux-mêmes, les grandes places boursières ont clôturé leur pire trimestre depuis 4 ans.  Alors que la nervosité s’installe sur les marchés les fondamentaux économiques des pays développées se stabilisent voire s’améliorent notamment aux Etats-Unis et en Zone Euro. Les politiques monétaires  bienveillantes des grandes banques centrales restent un fort soutien. Néanmoins, la rapidité des évènements récents pose questions : Est-ce que les investisseurs ont sur-réagi face aux évènements ? Ou s’agit-il d’une tendance de long terme ? Par conséquent, quelle allocation de portefeuille ?

Environnement de marchés

Il y a encore eu beaucoup de volatilité sur les marchés en septembre. A cause de la FED qui continue de souffler le chaud et le froid sur ses taux. Et surtout à cause de Volkswagen. Le constructeur allemand est accusé de tricherie en matière de contrôle antipollution sur ses moteurs diesel aux Etats-Unis. L’info a fait chuter son cours de Bourse et les indices européens.

Côté taux, les rendements des obligations publiques des grands pays de la Zone euro sont en baisse sur le mois. Même en Espagne où les indépendantistes catalans ont pourtant remporté les élections régionales.

Ça bouge, aussi, du côté des Banques Centrales. La FED a, d’abord, déçu les marchés mi-septembre en ne relevant pas ses taux. Mais les a rassurés ensuite. Le 24 septembre, Janet Yellen s’est, en effet, montrée plus confiante sur la croissance mondiale et plus précise sur la date de la prochaine hausse des taux. Elle devrait avoir lieu cette année. Alors, évidemment, les marchés ont apprécié !

Enfin, baisse un peu contre dollar, après de forts mouvements durant le mois. Et, le pétrole reste sous la barre des 50 $ le baril.

Les perspectives économiques

La crise grecque a peu d’impact sur la reprise en Zone euro. Les chiffres restent bons à commencer par la production industrielle qui repart à la hausse après deux mois de baisse. Dans l’ensemble, cela va mieux grâce à la demande interne et à la baisse des prix des matières premières. Mais la reprise est lente et graduelle

Les choses vont mieux aussi côté américain, notamment en matière d’emploi. L’économie est mûre pour une hausse des taux. Et Janet Yellen l’a clairement évoqué lors de son discours du 24 septembre. Ce n’est donc plus qu’une question de temps.  

L’économie chinoise multiplie les signes de ralentissement. Les marchés attendent désormais une réponse monétaire ou budgétaire des autorités. Pour l’instant, la faiblesse chinoise affecte surtout les pays émergents fournisseurs de matières premières.

Au Japon, le repli de l’économie a été un peu moins fort que prévu au 2ème trimestre. Mais, ça ne change pas vraiment la donne. On attend toujours des hausses de salaires qui ne viennent pas. Du coup, les consommateurs souffrent de la hausse des prix. De plus, le ralentissement chinois pénalise les exportations.

Au final, on a toujours, d’un côté, des pays émergents qui ralentissent. Et, de l’autre, des pays développés qui résistent bien. La suite dépendra beaucoup de la prochaine hausse des taux américains. Qui, nous le savons maintenant, est prévue pour cette fin d’année.   

Les choix d’investissement d’Amundi

Pour l’instant, Amundi a décidé de réduire le risque des portefeuilles car la volatilité des marchés est beaucoup trop forte. Mais en même temps, les chiffres économiques sont bons. Et les résultats des entreprises sont solides. Du coup, on reste favorables aux actions à moyen terme.

Notamment aux actions européennes. La Zone euro est notre priorité depuis le début de l’année. Elle a beaucoup d’atouts. Je vous les rappelle quasiment tous les mois. Mais cela n’empêche pas de brusques décrochages comme en août ou plus récemment avec l’affaire Volkswagen. On doit donc gérer cette volatilité.

En parallèle, on va se renforcer en actions américaines. Car, vous voyez qu’elles résistent bien même lorsque ça secoue beaucoup. De plus, elles seront portées par la reprise américaine.

On garde aussi nos actions japonaises car elles sont soutenues par la politique accommodante de la Banque du Japon.

Côté Emergents, la prudence et la sélectivité sont primordiales. C’est pourquoi nous restons prudents sur l’ensemble des pays Emergents mais nous maintenons nos positions sur l’Inde. Car, c’est le seul pays à avoir un plan de réformes convainquant.

Côté obligataire, on cherche toujours du rendement en privilégiant les actifs les plus liquides. Dans l’ordre : les obligations d’Etats des pays périphériques de la Zone euro et les obligations d’entreprises bien notées.

Et, on s’allège encore en obligations américaines à haut rendement car elles sont impactées par la baisse du pétrole.  

Par contre, on reste positif sur les obligations publiques émergentes libellées en dollars. Notamment celles émanant de pays importateurs de pétrole.

Enfin, on reste positifs sur le dollar car il sera porté  par la hausse des taux américains et la reprise américaine.