Forêts : un investissement peu attractif

Ce marché spécifique tient à la spéculation fiscale qu'offre la forêt aux gros contribuables.

Forêts, investissement peu attractif

"Il est beaucoup plus rentable d'installer une ferme photovoltaïque sur une parcelle que d'y planter des arbres. Il faut comparer un rendement annuel de 2.500 euros l'hectare à une centaine d'euros", désespère Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, qui a vu un tel exemple en Aquitaine.

D'autres bois finissent en champs de maïs, en lotissements… Pour lui, les contraintes qui pèsent sur les propriétaires dissuadent les investisseurs et tuent le marché des forêts où s'échangent 100.000 hectares par an tout au plus. Un marché qui tient, selon lui, à la spéculation fiscale qu'offre la forêt aux gros contribuables.

Le propriétaire achète sa forêt à un prix moyen de plus de 5.000 euros. Il doit ensuite reboiser chaque parcelle coupée, ce qui coûte de 1.500 euros (Sud) à 3.000 euros (Nord) par an, par hectare, pendant les cinq premières années. Ces coûts grimpent d'un tiers lorsqu'il faut inclure des protections antigibier. A ces dépenses, il faut ajouter les risques de perdre son bien dans une catastrophe naturelle.

Prix du bois en vue

Pour tenter de redonner de la rentabilité aux forêts, les représentants des propriétaires, des foncières et autres coopératives misent surtout sur la remontée du prix du bois. Plusieurs organisations, dont la Caisse des Dépôts, ont par ailleurs créé en juillet le Club CO2 pour promouvoir la forêt comme puits de carbone monétisable sur les marchés carbone. Une petite opportunité de mettre un peu de beurre dans la maigre rentabilité de la forêt. Tous les forestiers ne voient pas cette initiative d'un bon oeil, craignant que cet outil de spéculation ne déstabilise un marché déjà compliqué.

Matthieu QUIRET