Forum de l'Investissement 2011 : salon soucieux et attentif

Les 14 et 15 octobre derniers se tenait à Paris le grand rendez-vous financier de la rentrée. Epargnants, investisseurs et professionnels se retrouvaient pour échanger sur la crise. Reportage.

Forum de l'Investissement 2011 : salon soucieux et attentif

La dernière cuvée du Forum de l'investissement a été l'occasion de mesurer l'impact de la crise économique et financière sur les épargnants, investisseurs et entreprises en quête de financement. Première impression (subjective) : un salon peut être un peu moins fréquenté que l'an dernier. L'organisateur, Roland Cohen, concède en bilan un " samedi matin calme (entre autre à cause du rugby et du soleil)" et une fréquentation globale "légèrement au dessus de 25 000 visiteurs". Chiffres définitifs à suivre.

Mais le salon pouvait aussi s'enorgueillir de la venue de plusieurs "VIP" : ancien (Christian Pierret, sur l'un des débats) et actuel ministres (Nathalie Kosciusko-Morizet, sur le Forum de l'Investissement Responsable), ainsi que des patrons d'industrie comme Henri de Castries (Axa).

Pour autant, le public présent semblait très attentif et concentré. Dès le matin du vendredi, il s'agissait de percevoir parmi les intervenants et experts les grandes tendances de marché à venir, et notamment le contexte mondial à prendre en compte. Car le leitmotiv de ce salon restait la crise économique et financière, et le contexte international qu'elle engendre. Le sujet était en effet sur toutes les lèvres et dans toutes les conversations. Ambiance anxiogène ? Plutôt maîtrisée, sur l'air de " gardons notre sans froid et revoyons les fondamentaux ".

A l'exercice de donner de la visibilité sur les mois à venir, H. de Castries a été très applaudi vendredi matin. Son analyse franche et pragmatique plaisait beaucoup à l'assistance : " Nous ne pouvons pas augmenter les impôts sans ralentir notre croissance économique ".

Options et marges de manoeuvre

L'après-midi du vendredi était elle dédiée aux petits ateliers et conférences pratiques. Lesquels permettent d'ausculter les mesures récentes et le nouveau contexte de fiscalité dont vont bénéficier les épargnants et investisseurs pour agir, sur fonds de réforme en cours. L'occasion de prises de conscience dites avec courage et clairvoyance : comme celle de Michel Taly, du cabinet Arsène-Taxand pour qui " tout l'effort produit pour amener les Français vers la bourse et les actions risque d'être perdu pour un retour vers les placements façon années 60, sur des comptes à terme par exemple ".

L'espoir ? Il réside dans d'autres créneaux d'investissement et dans le concret. Comme les PME innovantes. Elles étaient plusieurs l'après-midi à venir présenter leur activité et par exemple sur le stand Oseo, expliquer leurs besoins en financement. C. Pierret, ancien ministre du gouvernement Jospin, expliquait aussi un peu plus tôt qu'il faut " aller sur les valeurs innovantes, qui sont de bons investissements. Il faut juste les trouver et donc travailler ".

Un appel à peine caché à moins de facilité et plus d'exigence, qui ferait un bon résumé de cette cuvée 2011 du salon.

Laurent DUPIN

NB : pour compléter, relire les notes de blog que nous avons publiées "Premières impressions sur fond de crise" et "live-tweet".