Epargne : blues des détenteurs de gros patrimoine

Sondage Ifop pour l'UFF : malmenés par les errements de la Bourse, les épargnants estiment que c'est le bon moment pour investir dans l'assurance-vie en euros et dans l'or.

Epargne : blues des détenteurs de gros patrimoine

Inévitablement, la crise du secteur bancaire liée à la dette souveraine donne le blues aux détenteurs de gros patrimoine. Tel est le principal enseignement de l'enquête réalisée en septembre dernier par l'IFOP pour le compte de l' Union financière de France (UFF). Effectuée pour la troisième année auprès de 301 particuliers détenant des valeurs mobilières ou de l'assurance vie pour un montant supérieur à 30.000 euros, cette étude révèle un grand pessimisme sur des marchés financiers. Affectés par l'endettement des pays européens, ils craignent que leur capacité d'épargne diminue encore. Dans ce contexte, ils ont davantage modifié leur comportement d'investissement que les années précédentes.

Si la disponibilité des fonds reste leur critère principal dans le choix d'un investissement, ils accordent plus d'importance au rendement et à la simplicité des produits. En outre, ils ont une perception accentuée du risque associé aux différentes classes d'actifs. Et ce, même si la hiérarchie globale reste similaire à celle des années précédentes. A leurs yeux, l'assurance vie en euro et l'or constituent les placements les plus sûrs, et sans surprise, les actions, les placements les plus risqués . En outre, ils ont moins d'appétence à investir dans tous les types d'actifs et plus particulièrement les contrats assurances vie-multi supports adossés à des unités de compte boursières et les actions.

En matière immobilières, le trio gagnant se compose des résidences senior, suivies des EHPAD (établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes et des résidences étudiantes. La part belle va donc à l ‘immobilier détenu en direct et géré par des exploitants, l'investissement locatif dans le cadre du dispositif Scellier se situant en cinquième position. Cette perception est toutefois en décalage avec la rentabilité réelle.

Dans ce contexte mouvant, le conseiller conserve un rôle clé lors de la souscription des produits financiers, et ce malgré une implication croissante des clients patrimoniaux dans leurs décisions d'investissement.

" La défiance se maintient vis-à-vis des interlocuteurs bancaires et s'étend au conseiller spécialisé poursuit-on à l'UFF. D'après un tiers seulement des Français Patrimoniaux, leurs conseillers -spécialisés ou non-défendent avant tout leurs intérêts ". Deux tiers pensent que ces professionnels du patrimoine défendent avant tout les intérêts de leurs employeurs ou les leurs propres. Constants depuis 3 ans pour les conseillers bancaires généralistes, ces chiffres ont évolué pour les conseillers spécialisés qui bénéficiaient d'une image plus positive en 2009 et 2010. A ces professionnels de regagner la confiance de leurs clients par des conseils pertinents.

Martine DENOUNE