Construire et étoffer son patrimoine selon son âge

Chaque épargnant dispose de marges de manoeuvre plus ou moins importantes pour construire, valoriser et sécuriser son patrimoine. Revue de détails, âge par âge.

Construire et étoffer son patrimoine selon son âge

La constitution d'un patrimoine est souvent liée aux évolutions de sa vie professionnelle et personnelle. Au fil des ans, les placements ont tendance à s'empiler. Tous les dix ans, il faut tout remettre à plat et définir une stratégie au service d'objectifs majeurs. Même si les projets, les moyens financiers et le goût du risque divergent selon les épargnants, les dénominateurs communs sont nombreux pour chaque tranche d'âge.

La trentaine : cap sur la résidence principale

Les premières années de vie active doivent être consacrées à la constitution d'une épargne de précaution c'est-à-dire remplir les produits d'épargne liquides et sans risque (livrets, supers livrets), pour un montant de l'ordre de 3 à 5 mois de salaire. "Cette réserve de sécurité est nécessaire pour faire face aux coups durs et aux coups de coeur. Il faut toujours prendre soin de la conserver ou de la reconstituer après utilisation", rappelle Florence Corne, responsable marketing épargne à la Banque Postale. Ensuite, il faut préparer l'achat de la résidence principale. Compte tenu du prix élevé de la pierre, plusieurs années d'épargne régulière sont nécessaires pour se doter d'un apport personnel. La détention d'un Plan d'épargne logement (PEL) s'avère être la solution adaptée. Après quatre ans d'épargne, son titulaire pourra mobiliser les fonds rémunérés en guise d'apport personnel, et éventuellement faire valoir ses droits à prêt à un taux d'intérêt garantit (4,20%). " Grâce au crédit, on achète un actif d'une valeur importante, susceptible de se valoriser dans le temps. Plus on commence jeune, mieux c'est", résume Hervé de la Tour d'Artaise, président d'A2PF. "Détenir son logement constitue déjà une façon de préparer sa retraite", ajoute Gilles Artaud, président de Planète Patrimoine.

La quarantaine : diversifier et valoriser

Sauf accidents de parcours, les revenus se sont étoffés. Les dépenses sont aussi plus lourdes (crédits immobiliers, prêts automobiles, assurances prévoyances, etc.). L'épargne doit malgré tout rester régulière et dynamique. Après la pierre, c'est le moment de diversifier son patrimoine et d'investir dans des valeurs mobilières. L'ouverture d'enveloppes fiscales comme l'assurance vie et/ou le Plan d'épargne en actions (PEA) sont utiles pour prendre date. "Après 8 ans, l'assurance vie pourra s'utiliser comme un compte sur livret grâce au système des retraits partiels. C'est bien sûr, un bon moyen de protéger ses proches", souligne Pierre Persico, directeur de la clientèle privée de Barclays Bank France. Pour minorer l'impôt sur le revenu en phase ascendante, l'investissement dans des parts de FCPI, de FCPR, de Sofica ou de SCPI fiscales sera à privilégier. En fin de la quarantaine, "il est judicieux de réaliser un bilan retraite et patrimonial. Ces états des lieux permettront de réorienter les actifs en vue de la retraite qui se rapproche", anticipe Gilles Artaud. En prévision du financement des études des enfants, il faut abonder les (supers) livrets, les contrats d'assurance vie, sans oublier l'épargne salariale. L'investissement locatif est également une autre piste possible. Cet actif peut être utile à plusieurs titres : loger ses enfants (étudiants ou jeunes actifs) ou générer des revenus qui serviront à financer leurs projets. Ultime recours : la cession du bien permettra de leur donner un coup de pouce financier pour qu'ils accèdent à la propriété.

La cinquantaine : dernière ligne droite pour préparer la retraite

A moins de quinze ans de la retraite, c'est le dernier moment pour se préparer des revenus complémentaires. Il faut majorer tant que possible les versements sur des produits financiers dynamiques déjà en portefeuille. Les actions logées dans un PEA ou un contrat d'assurance vie restent toujours de bons véhicules pour un horizon à long terme. L'exposition aux actions doit rester mesurée. Plus l'épargnant va se rapprocher de la retraite, plus il devra privilégier des placements sécurisés (assurance vie en euros, supers livrets, bons de capitalisation). A la cinquantaine, rien n'empêche de doper son patrimoine avec de l'immobilier locatif à crédit, en direct ou via des parts de SCPI. L'idéal est de faire coïncider la durée du prêt avec le nombre d'années restant de vie active. "La création d'une Société civile immobilière (SCI) avec ses enfants permet de préparer en douceur la transmission de son patrimoine", indique Christophe Chaillet, directeur de l'Ingénierie patrimoniale de HSBC France.

Laurence BOCCARA