Itw : B. Lamielle, Dr de la Gestion B* Capital

Bertrand Lamielle, Directeur de la gestion chez B* Capital : " Les actions constituent notre classe d'actifs préférés

Itw : B. Lamielle, Dr de la Gestion B* Capital

Le patron de la BCE, Jean-Claude Trichet, a évoqué jeudi une prochaine hausse des taux d'intérêt dans la zone euro. Comment allez-vous adapter votre stratégie ?

Nous envisagions une remontée des taux en fin d'année. Les tensions observées sur les taux longs pourraient nous amener à regarder de plus près les emprunts d'Etat, sur lesquels nous sommes aujourd'hui absents. Dès que le rendement de l'OAT française à 10 ans dépassera 4 %, nous étudierons le dossier.

Dès lors qu'il y a une inflexion dans la politique monétaire, qu'il s'agisse d'un resserrement ou d'une détente des taux, les marchés peuvent être chahutés parce que les investisseurs doivent recaler leur scénario. Pour nous, cette hausse prochaine du loyer de l'argent est une bonne nouvelle car elle montre que la force de l'économie européenne est avérée. Reste maintenant à connaître la réaction de la Banque d'Angleterre et de la Réserve fédérale américaine. La pression s'est accentuée sur Ben Bernanke après les propos de son homologue européen.

Quelle est votre stratégie d'investissement ?

Les actions constituent notre classe d'actifs préférés. Nous sommes investis sur les valeurs liées aux matières premières, comme les pétrolières, les parapétrolières et les minières. Dans notre portefeuille, nous détenons des titres comme Total, Bourbon, Vallourec ou Xstrata.

Il faut noter que les sociétés affichent des niveaux de rentabilité record car elles ont beaucoup coupé dans les coûts et réduit leurs investissements après l'éclatement de la crise. Aujourd'hui, la demande repart, ce qui implique une reprise des investissements aussi bien technologiques qu'industriels.

L'autre thème porteur est celui du " pricing power ". Les sociétés qui ont la capacité de répercuter la hausse des cours des matières premières sur leurs prix de vente aux clients sont celles qui s'en sortiront le mieux. C'est le cas de Michelin, qui est une marque forte. D'ailleurs, le groupe a déjà augmenté de 4 % à 7,5 % le prix de l'ensemble de ses gammes de pneus. Le fabricant de cartes à puce Gemalto est également bien positionné grâce notamment à ses avancées technologiques.

D'un point de vue géographique, nous investissons dans la zone euro. Aux Etats-Unis, la croissance sera plus forte cette année, nous pourrons renforcer nos positions mais cela dépendra de la parité entre l'euro et le dollar. Notre scénario de long terme est celui d'un euro compris entre 1,35 et 1,40 dollar. Jusqu'à présent, nous étions prudents sur les marchés émergents mais nous revenons sur cette thématique et nous intéressons en particulier aux pays d'Europe de l'Est. Ils présentent l'avantage d'être attachés à la locomotive allemande, meilleure élève de la zone euro, d'offrir une stabilité politique et d'être, pour certains d'entre eux, déjà membres de la zone euro. Nous ne sommes pas investis sur les Civets (Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud) mais regardons l'Afrique et des dossiers comme Bolloré et CFAO.

Comment arbitrez-vous vos positions ?

Un comité de réflexion se réunit a minima tous les mois. Notre profil d'équilibre est le suivant : 60 % en actions et le solde en produits de taux. Ça va du corporate au haut rendement en passant par les convertibles.

propos recueillis par Céline Panteix