Le spectaculaire retour en grâce des actions japonaises

Le Nikkei a progressé de près de 60 % depuis juin 2012.

performance bourse au Japon

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Qui l'eût cru ? En quelques mois, les actions japonaises sont devenues un des thèmes d'investissement favoris des gérants. Les performances de la Bourse japonaise sont impressionnantes : depuis son point bas de début juin 2012, le Nikkei a progressé de presque 60 %. Et, depuis le début de l'année, Kabuto Cho s'est arrogé 27 %, loin devant Wall Street (en hausse de 12 %) et à des lieues des Bourses européennes (l'Euro Stoxx marque un recul de près de 2 %). Pour mémoire, les actions japonaises ont affiché une moins bonne performance que les actions mondiales dix-sept de ces vingt-cinq dernières années.

 
 

« Les flux d'investissement dans les fonds actions japonais, négatifs depuis 2008, se sont inversés au milieu de l'année 2012 », constatent les stratégistes de la Société Générale. Les investisseurs ont d'abord été séduits par « l'abenomics », la nouvelle politique économique du premier ministre, Shinzo Abe, aux manettes depuis le 26 décembre 2012. Celui-ci favorise l'assouplissement de la politique monétaire, l'augmentation des dépenses publiques et veut stimuler l'investissement.

Sortir de la déflation

La décision de la Banque du Japon (BoJ), la semaine dernière, de mettre en oeuvre une politique d'assouplissement monétaire - « quantitatif et qualitatif » - sans précédent a encore renforcé l'intérêt des investisseurs internationaux pour l'Archipel (le Nikkei a progressé de 6,6 % en quatre séances). Haruhiko Kuroda, gouverneur de la BoJ depuis le 20 mars dernier, a promis au Premier ministre de « faire tout ce qui peut l'être » pour extraire le pays de la déflation.

« Le marché actions japonais surclasse tous les autres, et cela devrait continuer », estime Mathieu L'Hoir, stratégiste actions chez Axa IM. Pourquoi ? D'abord parce que la politique très agressive de la BoJ a un impact très important sur le yen. « Le seuil de 100 yens pour 1 dollar pourrait être franchi dans les prochains jours », estime le stratégiste. Cette dépréciation massive de la monnaie japonaise donne un avantage important aux entreprises exportatrices de l'Archipel, en particulier par rapport à leurs concurrentes allemandes ou coréennes. « Il existe un facteur de soutien encore plus important à moyen terme : la réallocation des actifs des investisseurs institutionnels japonais », affirme Mathieu L'Hoir. Compte tenu du niveau des taux japonais (0,53 % à 10 ans et 1,38 % à 30 ans), les investisseurs et les fonds de pension seront obligés de se tourner vers des actifs plus rémunérateurs s'ils veulent honorer les taux garantis à leurs clients.

« Valorisées autour de 15 fois leurs bénéfices, les actions japonaises restent bon marché », signale en outre Rodolphe Taquet, responsable gestion actions internationales chez CPR AM. Pour lui, « il faudra néanmoins attendre la publication des résultats des entreprises entre avril et mai pour juger de l'impact des décisions de politique monétaire sur les anticipations des entreprises ».