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L’action, reine du long terme

Selon une étude d’Allianz Global Investors, les actions tirent leur épingle du jeu sur le très long terme.

Graphique à base de crayons de couleur

A la question de savoir s’il existe encore des sources de rendement sans risque, James D. Dilworth, patron de la société de gestion, répond catégoriquement :

« Non, les investisseurs doivent opter pour une prise de risque pertinente, intégrant nécessairement une exposition aux marchés d’actions. »

Actions : plus de 600 fois la mise en 80 ans !

D’après cette récente étude d’AllianzGI, les actions ont créé davantage de valeur au cours des deux derniers siècles que les emprunts d’État les mieux notés et les instruments monétaires. Elles constituent ainsi un placement « étonnamment sûr à long terme ». À partir d’une analyse des données relatives au marché américain (fournies par Maddison Project Database), il ressort que les actions ont généré des performances réelles positives sur chaque période glissante de trente ans, et ce depuis 1 800.

« Les détenteurs d’actions ont ainsi bénéficié, en moyenne, d’un rendement annuel net d’inflation de + 6,94 %. Le rendement a évolué entre un point bas de + 2,81 % entre 1903 et 1933 et un plus-haut de + 10,63 % entre 1 857 et 1 887, précise l’auteur du rapport. En revanche, sur la même période, les investisseurs ont subi ponctuellement des pertes sur les dépôts à terme ou les emprunts d’État. La politique de taux zéro s’est traduite par un rendement réel annuel maximum de + 7,44 %, en moyenne, sur les bons du Trésor américains entre 1981 et 2011, mais, ajoute-t-il, ces titres ont donné lieu à une perte de 2 % entre 1950 et 1980. »

Selon James D. Dilworth, un horizon d’investissement de trente ans représente une durée plus longue que celle à laquelle les investisseurs sont habitués, mais celle-ci ne semble pas irréaliste au regard des problématiques de prévoyance retraite et de capitalisation auxquelles les prochaines générations vont devoir faire face.

« Si nos arrière-arrière-arrière grands-parents, explique-t-il encore, avaient investi 100 $ dans un portefeuille actions en 1871, leurs héritiers actuels seraient les heureux bénéficiaires d’un capital d’une valeur d’environ 15 millions de dollars. L’équipe Capital Markets & Thematic Research d’AllianzGI a également calculé qu’un investissement de 100 $ dans les entreprises allemandes les plus liquides en 1934 vaudrait actuellement 63 131 $. »

Le temps améliore le couple rendement/risque

En ramenant l’horizon d’investissement à des périodes glissantes moyennes de dix ans, l’attrait des actions apparaît « encore plus convaincant ». Depuis 1800, la classe d’actifs a, en moyenne, généré une performance réelle maximale de + 16,84 %, contre + 12,41 % pour les bons du Trésor américains et de + 11,62 % pour les T-bills américains. La perte maximale de 3,94 % sur les actions durant une période de dix ans est également inférieure aux pertes respectives de 5,36 % et de 5,08 % subies par les bons du Trésor et les T-Bills américains.

« Cependant, est-il indiqué dans l’étude, les actions restent plus risquées sur des périodes courtes, ou lorsqu’elles sont mesurées en termes de fluctuation annuelle ou de volatilité. En effet, les fluctuations annuelles des actions américaines sont comprises entre une borne basse de – 38 % en 1932 et une borne haute de + 66 % en 1 862. Les emprunts d’État et les instruments monétaires ont fait preuve d’un moindre degré de volatilité, mais les investisseurs ont néanmoins subi d’importantes pertes sur ces titres. En effet, ils ont perdu 22 % sur les bons du Trésor américain en 1 864 et 16 % sur les T-Bills en 1948. »

Pour James D. Dilworth, l’équation est simple :

« Plus l’horizon d’investissement est long et plus le couple rendement/risque des actions est supérieur à celui des obligations. En outre, le risque associé aux positions sur les dépôts à terme et les emprunts d’État de haute qualité ne fait qu’augmenter dans un contexte de répression financière et de perspective de remontée des taux d’intérêt qui se traduira par une baisse du prix des obligations. »

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Crédits photos Sanjeri