Gestion de portefeuille : le taux de rotation passé au crible

Le turnover influe sur la performance d’un portefeuille. C’est ce qu’expliquent deux experts de la société Vestathena, Carlos Pardo, directeur de la str...

taux de rotation

Ces professionnels partent de la notion de gestion active pour se concentrer sur le taux de rotation des portefeuilles et son catalyseur éventuel, les commissions de mouvement. L’idée est de comprendre en quoi ce taux de rotation peut être utilisé comme un critère pertinent pour choisir un fonds. Une gestion active est fondée sur la conviction que certains actifs présentent des anomalies de valorisation qui peuvent être exploitées. Elle cherche à obtenir une performance absolue, sans lien explicite avec l’évolution d’un indice.

Le travail du gérant consiste à sélectionner les titres sous-évalués. En tirant parti des informations disponibles, le gérant se focalise sur la capacité des entreprises à valider leurs modèles économiques dans la durée. Les intérêts des gestionnaires d’actifs doivent être alignés avec ceux de leurs clients. Pour les spécialistes de Vestathena, cette approche a, en termes de frais, deux implications.

  • Premièrement, l’essentiel du résultat d’une société de gestion doit reposer sur des frais de gestion variables qui expriment la régularité de sa surperformance.
  • En second lieu, les fonds ne doivent pas percevoir de commission de mouvement susceptible de créer des conflits d’intérêts.

Une affaire de positionnement

Le taux de rotation (turnover ratio) mesure le volume de transactions effectuées par le gérant par rapport à l’actif net moyen du fonds dont il a la responsabilité.

« Le mode de calcul du taux de rotation, précisent Carlos Pardo et Florent Druel, est défini par le régulateur aux Etats-Unis et en Europe. Révélateur du niveau des coûts et de la stabilité des performances, ce taux permet d’estimer l’activité moyenne d’un gérant sur une année. »

Un fonds doté d’un horizon de placement théorique de cinq ans devrait avoir un taux de rotation d’environ de 20 %. Un gérant qui dégage un turnover ratio supérieur pourrait paraître trop actif ou pas assez orienté vers le long terme. L’investisseur doit alors se demander si la gestion est en accord avec le positionnement affiché.

Entre deux fonds similaires, un faible turnover sera le propre d’un gérant de conviction qui fait peu tourner son portefeuille et qui économise pour son client un excès de frais de transaction. Inversement, un turnover important entraîne des coûts qui obèrent la performance et qui, dans une année, peuvent atteindre plusieurs points de pourcentage.

En vertu de la réglementation, le taux des commissions de mouvement et la part qui revient à la société de gestion sont communiqués aux investisseurs. Le montant réel des frais de transaction ne peut être évalué qu’une fois pris en compte le taux de rotation des actifs en portefeuille.

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