L'Etat investisseur: le grand emprunt et ses effets attendus

Le chef de l'Etat a relancé la mécanique du grand emprunt. L'investissement dans les secteurs de l'innovation, de l'énergie et des nouvelles technologies, devrait s'en ressentir dynamisé. Le point.

L'Etat investisseur: le grand emprunt et ses effets attendus

Hier lundi 27 juin le président de la république Nicolas Sarkozy a tenu une conférence de presse dressant le bilan et les perspectives du grand emprunt lancé en début de son quinquennat. Il a décidé de le réorienter vers la notion bien plus dynamique d'"investissements d'avenir", selon sa propre expression.

Mais au-delà du marketing politique, quelles sont les points à retenir ? Déjà selon Europe 1, le chiffrage global de cette opération est redonné : " D'ici à la fin de l'année, sur les 35 milliards d'euros, c'est une vingtaine de milliards d'euros qui auront été engagés ". Un impact sur l'activité économique est à ce titre attendu.

Concernant les thèmes fixés, le chef de l'Etat en a listé plusieurs : " l'aéronautique, l'espace, le véhicule du futur (voiture, train, avion, bateau), le recyclage ou encore les nanotechnologies ". Mais les grands dossiers prioritaires sont notamment ceux de l'énergie et de la santé : sur ce dernier thème, N. Sarkozy envisagerait même un institut hospitalo-universitaire sur la lutte sur le cancer (cf : AFP).

Les moyens des ambitions

Dès l'an dernier, s'est posée la question des moyens financiers à mobiliser, pour orchestrer ce réveil national tant attendu : " L'Etat doit réorienter l'épargne sur le long terme ", posait-on en prolongement de plusieurs études produites sur le sujet. Clairement, l'Etat seul ne peut rien sinon impulser les choses, et techniquement on envisageait déjà le montage de " véhicules spéciaux associant public et privé pour des projets ciblés d'investissement de long terme ".

Où en est-on sur le sujet ? Cette question des outils du plan d'investissement a été peu évoquée hier, au devant du contexte politique de l'annonce, qui a focalisé l'attention des observateurs et journalistes. Le Monde par exemple, synthétise ces réactions dans ce titre explicite : " Grand emprunt : une "politique visionnaire" pour la majorité, un "tour de passe-passe" pour la gauche ". La Tribune évoque elle un simple " service après vente ".

L'effet accélérateur

Nul doute cela dit que les produits d'investissement positionnés sur l'innovation et les secteurs visés par ce plan, pourront connaître un effet d'accélération. Par exemple les valeurs boursières ou les fonds en phase, comme sur les "biotechs" : un secteur qui était appelé à relayer celui des start-ups du web, mais qui n'a pas réellement connu le même élan depuis le milieu des années 2000...

On pense aussi aux sociétés, acteurs et investisseurs dans les pôles de compétitivité répartis sur tous le territoire, notamment ceux positionnés sur l'énergie et la santé.

Laurent DUPIN