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Itw : P. Jorion - L'hémorragie a été stoppée temporairement

Pour Paul Jorion, la crise financière de 2007 n'est toujours pas terminée. L'économiste et anthropologue, admirateur de Keynes, préconise une plus grande régulation des marchés financiers (…)

Itw : P. Jorion - L'hémorragie a été stoppée temporairement

Comment interprétez-vous les turbulences boursières de ces dernières semaines? Assiste-t-on à une nouvelle crise ?

Il n'y a pas de nouvelle crise, tout simplement parce que nous n'en avons pas terminé avec la crise financière de 2007 !La récession de 2008-2009 s'est révélée récemment plus longue et plus profonde qu'on ne l'avait dit en 2010, nous n'avons connu depuis qu'une période de stabilisation relative.Signe qu'il n'y a pas eu de véritable reprise, le chômage ne diminue pas outre-Atlantiqueet continue de tourner autour d'un chiffre réel de 17 %depuis 2009 (NDLR: d'après le Bureau of Labor Statistics, le taux de chômage américain s'élève à 9%, mais d'après la Federal Reserve Bank of Saint Louis, si on y ajoute le chômage déguisé le taux passe à 17%). De même, l'indice du commerce international est plat depuis deux ans. Le Baltic Dry Index, l'indice des prix pour le transport maritime, n'est pas revenu à ses niveaux de 2007 et 2008. Il a même chuté d'environ 20% depuis avril. (NDLR: Cet indice est considéré comme un baromètre du fret maritime international, et a fortiori, de la croissance mondiale).

Les aides massives de l'Etat aux banques et à l'économie, aux Etats-Unis notamment, n'ont fait qu'alourdir et transférer la dette du privé vers le public. L'hémorragie a été stoppée temporairement, mais rien n'a été réglé.

Que préconisez-vous comme solutions?

Dès 2008, les dirigeants ont pris conscience de la nécessité de changer le système. Tout était dit dans le discours de Toulon de Nicolas Sarkozy.Il faut tout d'abord lutter contre la spéculation: interdire toutes les opérations financières qui ne constituent en réalité que des paris sur les fluctuations de prix. Appartiennent à cette catégorie: les positions prises sur les marchés à terme par des intervenants qui ne sont pas négociants, les ventes à découvert d'actions et les "positions nues" sur les CDS, ces titres qui génèrent un gain quand l'émetteur d'un emprunt fait défaut. Il faut interdire également les produits financiers trop complexes, dont le risque n'est pas véritablement calculable.

Par ailleurs, il serait bon de prendre au sérieux les propos de Lord Adair Turner, le président de la FSA(NDLR: Financial Services Authority, l'équivalent de l'AMF au Royaume-Uni), qui proposait d'éliminer les activités financièresqui ne présentent aucune utilité pour la société (NDLR: il avait notamment déclaré "ces dernières années, les banques ont recherché des profits de court terme en introduisant des produits complexes qui n'étaient d'aucune utilité à la société". En 2009, il a estiméque la spéculation financière était devenue excessive, et qu'il fallait soit taxer les grandes banques, soit séparer les banques de dépôts des banques de "trading". Ces dernières ne méritent pas d'être sauvées en cas de faillite, contrairement aux premières.

Sur certaines matières comme l'or ou le cuivre, plus de 80% des positions sont d'ordre spéculatif: c'est proprement scandaleux,car du fait que ces matières premières sont offertes à la spéculation au sein de "paniers" qui en regroupent plusieurs, cela a un impact sur le prix des denrées et sur le pouvoir d'achat des ménages. Or, il est tout à fait possible de distinguer ce qui relève de l'investissement et de la spéculation:ces distinctions existent sans ambiguïté au sein des réglementations comptables.

Enfin, le partage de la valeur ajoutée doit être rééquilibré au profit des salariés. Des maxima devraient être imposés sur la rémunération des dirigeants, devenue excessive. En France, la loi sur la prime aux salariés en cas de versement de dividende était une bonne idée. Elle a été injustement décriée.

Que pensez-vous de la polémique actuelle sur les agences de notation?

Concernant le fonctionnement et la méthodologie des agences,il est certain que les évaluations du risque qu'elles offrent sont souvent contredites par les faits, mais la raison principale est simple: l'avenir n'est que très imparfaitement connaissable en raison de la complexité des environnements économiques.

Ce que je dénonce, c'est plutôt le cadre de travail des agences de notation: elles appartiennent à des groupes privés et sont forcément sujettes à des conflits d'intérêt. Je préconise la mise en place d'une agence publique mondiale. Son financement ne doit pas être proportionnel à la taille des économies, comme c'est le cas pour le FMI ou la Banque Mondiale - sinon elle sera accusée de favoriser les intérêts des Etats-Unis ou de la Chine, les plus gros contributeurs. Une agence européenne serait insuffisante car on la soupçonnerait d'avoir un biais européen, de même que l'agence Dadong est suspectée d'être trop généreuseenversla Chine.

Quel serait l'avantage d'une agence publique, outre l'absence de conflits d'intérêt ?

Elle pourra se permettre de refuser d'évaluer des produits jugés trop complexes. Les agences privées ne le font pas, car commercialement cela constituerait un aveu d'échec face aux concurrentes.A ce titre, espérons que l'exemple de Standard & Poor's, qui a récemment refusé la notation d'un titre adossé à des crédits hypothécaires américains, soit suivi par les autres.

Propos recueillis par Thomas Lestavel