Photovoltaïque : ce qui change demain

Le crédit d'impôt accordé lors d'une installation photovoltaïque sera réduit de moitié dès le 29 septembre, sauf si un premier acompte a été versé.

Photovoltaïque : ce qui change demain

Confronté à une hausse exponentielle des demandes d'installation photovoltaïque, le gouvernement va réduire sa subvention au secteur sans plus attendre. La réduction d'impôt sera ramenée de 50% à 25% dès mercredi, date de présentation du projet de loi de Finances 2011 en Conseil des ministres. Objectif : éviter un afflux de dossiers d'ici au 1er janvier, comme ce fut le cas l'an dernier.

Qui est réellement touché ? Les particuliers ayant versé un premier acompte à l'entreprise seront épargnés : ils percevront bien une réduction d'impôt de 50%, à faire valoir sur la déclaration de revenus de l'an prochain. " Nous ne voulons pas pénaliser les ménages ayant déjà un engagement financier ", justifie Bercy. Les ménages qui ont signé un contrat, sans verser d'acompte, n'auront pas la même chance : leur réduction d'impôt se limitera à 25% des dépenses engagées.

Retour sur investissement important

Malgré la fronde des professionnels, le gouvernement n'a pas fléchi : le retour sur investissement est tellement important -et sans risque-que les entreprises et les particuliers s'engouffrent dans cette filière, estime-t-il. Le gouvernement en espère 150 millions d'euros d'économies dès l'an prochain et 830 millions en 2012. Déjà, il avait réduit les tarifs de rachat d'électricité par EDF de 12% fin août -une mesure que certains jugent encore trop timorée.

La décision n'est pas purement budgétaire : l'objectif est de freiner le rythme de développement des capacités photovoltaïques, qui provoque des files d'attente et atteint des proportions difficiles à gérer pour EDF. Les capacités que le gouvernement souhaitait atteindre en 2020 le seront dès 2011, de sorte qu'il n'y a plus lieu de prévoir d'aussi fortes incitations fiscales. La mesure n'est d'ailleurs pas aussi radicale qu'elle en a l'air. Dans un récent rapport, l'Inspection générale des finances préconisait d'aller beaucoup plus loin, en supprimant l'intégralité du crédit d'impôt, éventuellement sur deux ans. A ce stade, le gouvernement préfère se limiter à une réduction de moitié, quitte à revenir à la charge en loi de Finances 2012.

Lucie ROBEQUAIN