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Itw : M. de Rosen, DG d'Eutelsat Communications

L'opérateur de satellites affiche sa confiance. Fort d'une demande qui ne se dément pas et d'un programme de lancements chargé d'ici 2014, la société entend continuer à croître de 7% par an.

Itw : M. de Rosen, DG d'Eutelsat Communications
Le dirigeant renouvelle son intérêt pour une acquisition, que son bilan lui permet. Les actionnaires bénéficieront, en attendant, d'une hausse du dividende.

Comment s'est comportée votre activité au premier trimestre de l'exercice clos en juin 2012 ?

Les ventes ont progressé de 3,4 % entre juillet et septembre, à 295,4 millions d'euros, et de 5,5 % à taux de change constants. Il faut voir ces trois mois comme un trimestre de transition après deux années de forte croissance pendant lesquelles Eutelsat a réalisé des performances très supérieures à ses objectifs à la fois en termes de croissance et de rentabilité. Nous avons donc démarré l'exercice pour nos marchés traditionnels de télévision numérique et de réseaux d'entreprises avec un taux d'utilisation de nos satellites supérieur à 90 %, hors Ka-Sat qui est un satellite dédié à l'Internet pour le grand public et dont nous démarrons la commercialisation. Le premier trimestre reflète donc cette situation de faible disponibilité de capacité, liée à la fois au remplissage rapide des satellites lancés en 2009 et 2010 et à la perte, il y a un an, du satellite W3B après son lancement. Pour autant, nous venons de lancer avec succès deux grands satellites qui nous permettent de confirmer nos objectifs, à savoir un chiffre d'affaires supérieur à 1.235 millions d'euros à fin juin 2012 et une croissance annuelle moyenne supérieure à 7 % jusqu'en 2014. Nous avons réussi ces dernières années à croître plus vite que le marché et que nos principaux concurrents, tout en étant plus rentables qu'eux. Nous restons sur cette trajectoire.

Qu'est-ce qui permet cette grande confiance sur vos prévisions ?

En premier lieu, nous constatons l'essor continu de nos marchés. Le nombre de chaînes de télévision en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient devrait passer de 9.700 en 2010 à plus de 15.000 en 2020 selon Euroconsult. Le nombre de chaînes en haute définition progressera de 28 % par an entre 2010 et 2015. Cette tendance est d'ailleurs confortée par l'équipement des ménages en écrans "HD ready", dont le parc installé représente aujourd'hui 60 % du parc total en Europe. Par ailleurs, le développement de services nés de la convergence entre médias et Internet, comme les offres "triple play" et la télévision connectée, constitue de nouveaux potentiels de croissance pour le satellite, qui est la seule technologie capable de desservir les zones non ou mal couvertes par les réseaux terrestres de haut débit. La demande de capacité de la part des gouvernements continue de croître.

Mais vous devez augmenter vos capacités pour y répondre…

Nous y procédons. Atlantic Bird 7, lancé en septembre, est entré en service fin octobre. W3C, lancé en octobre, sera en service le 9 novembre. Ces deux satellites vont renforcer notre offre – en Afrique et au Moyen-Orient pour le premier, et en Europe centrale et dans l'océan Indien pour le second. Nous avons indiqué en juillet notre objectif d'investir 550 millions d'euros par an d'ici à 2014, en particulier sur les marchés émergents où la croissance de la demande sera la plus forte dans les années qui viennent. Dans ce cadre, six satellites sont en construction, dont deux seront lancés en 2012, deux en 2013 et deux en 2014.

Le chiffre d'affaires qui n'est pas réalisé en raison de votre limitation de l'offre est-il perdu ?

Non. Dans le domaine de la vidéo, c'est-à-dire la diffusion de chaînes de télévision qui représente les deux tiers de notre activité, nous travaillons avec nos clients à construire des positions orbitales phares qui réunissent des millions d'antennes en réception. Un manque de disponibilité de ressources peut entraîner un décalage dans la génération de revenus mais pas de perte. Ce concept de positions phares est au cœur du modèle économique d'Eutelsat. Une position comme Hot Bird, la première en Europe pour le nombre de programmes diffusés, a été construite sur vingt ans. Elle compte aujourd'hui 3 satellites, plus de 1.100 chaînes de télévision et dessert plus de 120 millions de foyers en Europe élargie, ce qui en fait la position orbitale la plus prisée du monde. C'est un concept que nous répliquons aujourd'hui sur d'autres marchés, en particulier en Afrique, en Russie et au Moyen-Orient.

Les inquiétudes concernant des surcapacités dans certaines zones géographiques et une pression sur les prix se font plus fortes. Eutelsat ne serait-il pas concerné ?

Nous sommes évidemment très attentifs à cette question. Néanmoins, nous n'enregistrons pas de surcapacités dans le marché de la vidéo sur nos positions phares et la demande reste bien orientée ailleurs. Certes, en Afrique, dans les réseaux d'entreprises par exemple, l'offre se segmente entre deux niveaux de qualité de service, celle des opérateurs qui comme Eutelsat disposent de solutions d'interconnexion entre continents et peuvent offrir une sécurisation en cas de besoin et un marché pour des services régionaux sur lequel arrivent en effet quelques nouveaux acteurs. C'est dans ce deuxième segment que la pression sur les prix peut être plus élevée. Eutelsat se positionne sur le premier segment.

Justement, les positions des grands acteurs mondiaux ne sont-elles pas contestées par des acteurs régionaux ?

Sur de nombreux marchés, la taille des grands opérateurs fait la différence. Elle permet la sécurisation des ressources louées et l'engagement sur de longs termes. Pour rappel, la part de marché des quatre grands opérateurs, SES, Intelsat, Eutelsat et Telesat, a gagné 10 points au cours des dix dernières années pour atteindre près de 70 % en 2010, même si cette évolution est essentiellement due à la consolidation du marché par nos trois concurrents. Mais, sur le fond, on ne peut ni s'étonner ni s'alarmer du fait que la dynamique de notre marché attire des concurrents.

Vous aviez indiqué précédemment des ambitions en termes de croissance externe. Sont-elles toujours d'actualité ?

Depuis sa création, Eutelsat a réussi à se développer fortement, uniquement en croissance organique. Et notre priorité pour les dix prochaines années reste la croissance organique. Mais nous n'en sommes pas moins attentifs aux opportunités de croissance externe qui pourraient se présenter soit dans notre zone naturelle d'activité (Europe, Afrique, Moyen-Orient) soit en en Asie et en Amérique latine. Nous ne réaliserons toutefois une opération que si elle est créatrice de valeur pour nos actionnaires et nos clients: en effet, nous avons largement la masse critique. Nous n'avons donc pas besoin de devenir plus gros. Nous sommes numéro trois mondial et être numéro un ou deux ne nous intéresse pas en soi. Nous ne nous positionnerons donc pas sur des opérations de grande envergure, rien de transformant.

Mais en avez-vous les moyens ?

Notre métier est capitalistique mais nous autofinançons largement nos capex et même au-delà. Et nous avons augmenté régulièrement le dividende versé aux actionnaires: de 10 % il y a deux ans, de 15 % l'an dernier, nous proposerons pour cette année + 18,4 %. Néanmoins, notre bilan a été régulièrement renforcé au point que notre notation a été relevée à plusieurs reprises par les agences de notation ces deux dernières années. En juin dernier, notre endettement net représentait 2,37 fois le résultat opérationnel avant amortissements et dépréciations pour un niveau maximum visé de 3,5 fois. Notre structure financière est donc saine et nous aurions les moyens, le cas échéant, de réaliser une opération tout en respectant nos objectifs de structure de bilan.

Le numéro un mondial est en mauvaise posture. Cela pourrait-il représenter une opportunité pour Eutelsat, ou au contraire un risque ?

Nous n'avons pas pour habitude de commenter la santé de nos confrères. Je ferais plutôt une remarque liée au risque de surcapacité évoqué plus haut. Le fait que lepremier et le quatrième mondiaux appartiennent à des fonds de private equity est plutôt une bonne nouvelle, dans le sens où ces fonds se placent plus souvent dans une optique de sortie et limitent ainsi leurs dépenses et leurs investissements. Cela réduit donc mécaniquement le risque de surcapacité sur notre segment. Eutelsat en revanche consacre l'équivalent de plus de 40 % de son chiffre d'affaires au renouvellement et à l'expansion de ses ressources en orbite. Cette politique a par ailleurs pour vertu de nous doter de la flotte la plus jeune parmi les grands opérateurs de satellites.

L'assemblée générale du 8 novembre sera l'occasion de plusieurs changements au conseil d'administration et au comité exécutif. Ne craignez-vous pas de modifier le profil, notamment international, de la société ?

L'une des richesses d'Eutelsat tient à son caractère international, tiré de son passé d'agence intergouvernementale. Nous sommes une société de droit français, cotée et basée à Paris mais fondamentalement européenne. Il est donc essentiel de conserver cette caractéristique. Après l'assemblée générale, le conseil d'administration conservera son internationalité avec 7 administrateurs non français sur 12 membres, 30 nationalités sont représentées parmi nos salariés dont six dans notre comité de direction. En outre, concernant l'arrivée de Jean-Martin Folz, je pense que c'est une excellente nouvelle pour nos actionnaires de voir arriver à la présidence du conseil un homme avec un tel parcours de succès dans l'industrie et ancien président de l'Afep, ce qui est un gage de bonne gouvernance.

Alors qu'on avait plutôt parlé d'un désengagement d'Abertis du capital d'Eutelsat, votre actionnaire catalan aurait en fait essayé de racheter complètement la société cet été. Est-ce exact ?

Nous avons deux grands actionnaires, Abertis avec 31 % du capital et le FSI avec 26 %. Je veux juste leur rendre hommage car ils ont clairement une vision de long terme et ont soutenu ces dernières années une stratégie d'investissement et d'accroissement des capacités qui a permis d'assurercroissance et rentabilité pour la société. Ils ont joué un rôle essentiel dans le succès d'Eutelsat.

Propos recueillis par Delphine Tillaux