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Itw : P. Lebard, DG de Sequana

Le groupe papetier revient de loin : il était déjà en situation précaire lorsque la crise l'a frappé. (…) Un important travail a été effectué, et il a retrouvé la rentabilité.

Itw : P. Lebard, DG de Sequana
Même s'il reconnaît que le climat reste difficile pour le secteur du papier, le dirigeant de Sequana aborde l'avenir avec beaucoup plus de sérénité.

Quels ont été selon vous les aspects les plus marquants de l'exercice 2010?

C'est indéniablement notre capacité à augmenter nos prix de vente, dans nos activités de distribution (Antalis) comme de fabrication (Arjowiggins). Cela a été capital, car les matières premières en général, et la pâte à papier en particulier, se sont fortement renchéries. En 2010, les prix de la pâte ont gagné, selon les qualités, entre 25 % et 30 %.

Globalement, la hausse moyenne des prix de vente est de 13 % chez Arjowiggins et de 10 % pour Antalis. Il faut aussi noter que, dans la distribution, nous avons très clairement privilégié les prix aux volumes. Nous avons préféré nous concentrer sur des activités rentables plutôt que privilégier les parts de marché. Nous avons également mené une politique très stricte de crédit client. Nos parts de marché ont reculé de 1 % en Europe en 2010, mais notre chiffre d'affaires a augmenté de 3,9 %.

Vous avez égalé la performance opérationnelle de 2009, avec une marge opérationnelle courante de 3,4 %. Cela vous satisfait-il?

Oui, car ce chiffre masque une amélioration réelle de notre rentabilité dans la plupart de nos activités, obérée par nos activités aux Etats-Unis. Dans ce pays, les volumes de papiers couchés vendus ont certes progressé, mais les prix ont baissé, en dépit de la flambée des matières premières. De grands acteurs se livrent à une guerre des prix dont nous subissons les conséquences. Cela a eu un impact de 30 millions d'euros sur le résultat opérationnel entre 2010 et 2009.

Le fait que vous ayez réussi à imposer des hausses de prix signifie-t-il que l'industrie papetière s'est enfin disciplinée?

Le papier n'est pas une activité facile, mais le secteur a gagné de la maturité en comprenant la nécessité de mieux gérer les capacités. Des mouvements de concentration voient également le jour, c'est comme cela que des champions européens vont émerger et seront capables de lutter face aux concurrents américains ou asiatiques.

Le recyclage du papier est devenu un enjeu central pour le secteur…

Oui! Les prix des vieux papiers à recycler ont augmenté, encore plus vite que ceux de la pâte à papier vierge. La demande en papiers à recycler est si forte dans les pays asiatiques qu'elle produit une situation très paradoxale: alors que le gisement français est de mieux en mieux capté, les usines françaises ont de plus en plus de difficultés à s'approvisionner. Les ordres de grandeur sont affolants, la Chine a besoin de près de 30 millions de tonnes de papiers à recycler pour alimenter son industrie papetière dont les capacités largement subventionnées ont plus que triplé en dix ans. On collecte environ sept millions de tonnes en France par an. En France, il y a des capacités et de véritables savoir-faire papetiers de recyclage, aujourd'hui sévèrement menacés par ces tensions sur les cours des papiers à recycler. Ils est grand temps de penser à la proximité. Il faut organiser la valorisation industrielle locale de la ressource que sont nos déchets, et que leur valorisation par le négoce international soit affaire d'ajustement et non pas de moteur. En effet, la création de valeur par le recyclage industriel permet d'assurer le maximum d'emplois pérennes sur l'ensemble de la filière, et de renforcer les champions français du recyclage papetier.

Lors de notre dernier entretien, en juin 2010, vous indiquiez que vous ne prévoyiez pas de cessions pour la fin de l'année. Or vous avez vendu pour 120 millions d'euros d'actifs. Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision?

Il est indispensable d'être le leader pour être plus innovant, avoir davantage de poids sur le marché et bénéficier d'un avantage compétitif. Ce n'était pas le cas pour nos activités de papiers de décor et d'abrasifs où nous étions le numéro quatre européen. Il aurait fallu envisager une importante acquisition, mais les cibles envisagées étaient soit trop onéreuses, soit trop endettées, nous sommes alors entrés en négociations avec le groupe Munksjö. Plusieurs schémas ont été étudiés et ont abouti finalement à une offre de rachat valorisant à près de 100 millions d'euros ces activités en valeur d'entreprise. Nous avons considéré que c'était un vrai prix stratégique, qui valorisait de manière satisfaisante des activités à l'équilibre tout en assurant leur avenir à long terme en créant ainsi un champion européen.

Quant aux activités de distribution de fourniture de bureau en Espagne, elles ne relevaient pas de notre cœur de métier. Comme nous n'avions pas l'intention de les développer hors de ce pays, nous les avons cédées à Lyreco qui, lui, voulait étendre ses activités.

Envisagez-vous des acquisitions?

Nous pourrons effectuer des achats ciblés s'ils nous permettent de renforcer nos positions sur certains marchés. Les activités d'emballage ou de communication visuelle d'Antalis pourraient être, par exemple, renforcées.

Nous pourrions aussi acheter des activités de production si cela participe à la concentration nécessaire de l'industrie.

Il peut y avoir des cibles dans le domaine des papiers verts et recyclés, pour lesquels nous avons du mal à organiser nos approvisionnements. Nous pourrions, par exemple, envisager des partenariats avec des collecteurs.

Votre dette a légèrement augmenté en 2010 par rapport à 2009.

La raison en est simple: notre besoin en fonds de roulement a augmenté, surtout chez Arjowiggins, du fait de la hausse des prix de vente et des matières premières. La valeur de nos stocks a mécaniquement augmenté. Cela dit, ce niveau d'endettement est tout à fait soutenable pour nous, nos ratios bancaires étant parfaitement respectés.

Pourquoi avoir pris la décision d'augmenter votre dividende?

A 40 centimes par titre, le coupon au titre de 2010 est effectivement en hausse de 14 % par rapport à 2009. Cela fait ressortir un rendement de 3 % au regard de notre cours de Bourse. C'est, nous semble-t-il, une bonne manière de clore un exercice 2010 satisfaisant et d'exprimer notre confiance en l'avenir. La part de notre résultat net distribué peut paraître importante: 60%. C'est parce que notre résultat net de 2010 est encore modeste, car il a été impacté par des éléments exceptionnels, et notamment des charges de restructuration consécutives à la fin de l'intégration des activités de Map, essentiellement au Royaume-Uni.

Comment envisagez vous 2011?

Dans le segment des papiers graphiques (impression, écriture), le début d'année est difficile en production et distribution, avec, encore, une baisse des volumes vendus. Cela dit, la base de comparaison est peu favorable, puisque le premier trimestre 2010 avait été marqué par un fort restockage. Dans la production, nous allons, en revanche, bénéficier à plein des hausses de prix appliquées en 2010. Les cours de la pâte à papier continuant de progresser, nous allons augmenter de 8 % les prix des papiers couchés au 1er avril, puis vraisemblablement en juin.

Par ailleurs, dans un contexte de demande atone, nous ne manquerons pas d'ajuster nos capacités de production.

Chez Antalis, le plan "Race 2012" est déployé pour accroître l'efficacité opérationnelle et développer les secteurs à forte croissance. Certains distributeurs spécialisés atteignent une marge d'Ebit de 5 %, je ne vois pas pourquoi nous n'y parviendrions pas à long terme. Pour Arjowiggins, nos efforts commerciaux vont payer, tout comme le développement de nos produits innovants. Sur l'ensemble de l'année, nous estimons aujourd'hui que nous réaliserons en 2011 une performance opérationnelle supérieure à celle de 2010.

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Propos recueillis par Emmanuelle DUCROS