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Itw : F. Piedelièvre, Pdg de Bureau Veritas

Une interview de Frank Piedelièvre, PDG de Bureau Veritas en trois questions liées à l'actualité de l'entreprise.

Itw : F. Piedelièvre, Pdg de Bureau Veritas

Après l'acquisition d'Inspectorate, comment vont évoluer l'activité, les marges et les investissements dans la branche Matières premières?

C'est un secteur très prometteur. Compte tenu de nos activités existantes dans ce secteur, qui sont rapprochées de celles d'Inspectorate dans une nouvelle division, ainsi que d'une croissance organique à deux chiffres, nous devrions obtenir cette année un chiffre d'affaires de 500 à 540 millions d'euros. La marge, d'un peu plus de 10%, devrait se hisser vers 12% en 2011. L'objectif est d'atteindre une marge de l'ordre de 15% en 2015. En matière d'investissements, nous allons construire ou agrandir des laboratoires, notamment en Asie pour y accroître notre présence. Le réseau devrait passer de quelques 200 laboratoires actuellement à 300 dans les cinq ans.

Les tests en laboratoires sont plus rentables que les inspections, surtout lorsque les labos qui disposent d'équipements très sophistiqués. Ils apportent actuellement environ 60% du chiffre d'affaires de la branche, et cette proportion devrait beaucoup progresser ces prochaines années. Les investissements devraient s'élever à 10% du chiffre d'affaires pendant deux à trois ans, puis 5 à 6% en rythme de croisière.

Et dans la branche Marine, à quelle échéance prévoyez-vous un retour de la croissance? Les marges vont-elles continuer à baisser?

Cette branche d'activité produit beaucoup de cash flow avec de fortes marges et peu d'investissements. L'activité devrait être en légère progression organique cette année mais le creux durera encore probablement deux à trois ans, avant un nouveau cycle favorable à partir de 2014. Ce marché est très spéculatif, avec beaucoup d'anticipations à deux ans de la part des armateurs. Ils ont profité de la baisse du prix des navires pour acheter des capacités dans la perspective d'une reprise du commerce mondial en volume. Ces nouveaux bateaux navigueront à partir de 2013. Lorsque le marché a explosé en 2008, nos marges étaient anormalement élevées. Elles ont baissé à 28,9% en 2010 (contre 31,7% en 2009), ce qui reste élevé par rapport à un niveau normatif de 25 à 27%.

Dans cette activité, la moitié des recettes sont très récurrentes, car liées à l'inspection de la flotte en service. Fin 2010, nous avions 76,5 millions de tonneaux (9 493 navires) inscrits sur nos registres (+11,8%), et ce tonnage devrait dépasser cette année 80 millions de tonneaux. Or, les bateaux neufs procurent peu de revenus, tandis que deux grandes inspections interviennent au bout de deux ans et demi et de cinq ans. Nous avons donc accumulé beaucoup de chiffre d'affaires potentiel. Par ailleurs, la branche Marine nous permet de disposer des compétences nécessaires pour nous développer dans le domaine de l'Offshore. Nous y réalisons 110 millions d'euros de facturations, avec une croissance de 14 à 15% par an.

Quel est le budget pour les acquisitions?

Il est d'environ 150 millions d'euros par an, hors acquisition exceptionnelle. Cette année, nous devrions acheter 10 à 15 sociétés. Nous étudions actuellement des cibles réalisant 3 à 30 millions de chiffre d'affaires. Cela concerne notamment le secteur des matières premières, mais aussi du nucléaire, où nous sommes intéressés par des sociétés spécialistes des équipements. Ce marché est en forte croissance, compte tenu des nombreux projets de nouvelles centrales. Actuellement, nous réalisons 50 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le nucléaire, avec une croissance de plus de 20% par an.

Propos recueillis par Jean-Luc CHAMPETIER