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Itw : J. Borjeix - Associé chez Platinium Gestion

Le Cac 40 a pris 5% depuis le début de l'année, mais que les craintes se renforcent quant à l'inflation et à l'endettement des Etats, Jean Borjeix, associé et stratégiste chez Platinium Gestion.

Itw : J. Borjeix - Associé chez Platinium Gestion

Il y a 15 jours, l'agence de notation Standard &Poor's a mis la dette publique américaine sous surveillance négative. Qu'en pensez-vous ?

Cette décision ne me surprend pas, elle me paraît conforme au risque. Je me demande plutôt pourquoi elle intervient aussi tard, et pourquoi l'agence Moody's n'a pas fait de même. Le taux d'endettement dépasse les 100% du PIB, le déficit atteint 10%. De tels niveaux sont de mauvais augure pour la croissance, compte tenu de la charge de remboursement de la dette. Les Etats-Unis n'échappent pas à la règle.

La situation outre-Atlantique vous inquiète-t-elle ?

Je crains un scénario proche du Japon à la fin des années 1980. Pour faire face au ralentissement de la croissance, l'Archipel s'était endetté, mais cela n'avait pas fonctionné. La charge financière s'est alourdie, un cercle vicieux de croissance molle et d'endettement s'est installé depuis les années 90.

Toutefois, les Etats-Unis disposent d'une dynamique interne plus favorable que le Japon, et d'une pression fiscale faible, qui leur donne plus de marge de manœuvre. Pendant les années 1990, l'idée de mettre en place une TVA fédérale aux USA, avait été évoquée, en remplacement ou en addition des taxes locales des différents Etats. Cette idée pourrait être remise à l'ordre du jour…

Justement, Républicains et Démocrates s'opposent actuellement sur la stratégie budgétaire à adopter : quelle issue prédisez-vous ?

Les Républicains préconisent de réduire les dépenses. Les Démocrates également, mais une moindre proportion, et ils souhaitent augmenter la fiscalité. Il y a de la place pour une négociation, mais l'effort demandé devrait être conséquent pour être efficace, et aura nécessairement un impact récessif.

Un rapport publié il y a un an et demi concluait sur la nécessité d'économiser 4.000 milliards de dollars sur 10 ans, soit environ 400 milliards par an. Cela représente environ 3% du PIB. Si l'effort est porté à ce niveau, il rassurera les agences de notation, mais il faudra s'attendre à un ralentissement net de l'activité.

Dans un contexte de hausse des coûts de l'énergie, est-ce que la Fed pourrait augmenter ses taux ?

C'est quasiment impensable au stade actuel. Dans ses attitudes et ses déclarations, Ben Bernanke, le président de la Fed, montre qu'il ne souhaite pas lutter contre l'inflation. Pour lui, elle est essentiellement liée au prix des matières premières. Je suis d'accord avec cette analyse. Malheureusement, je pense que c'est Ben Bernanke lui-même qui favorise indirectement le renchérissement des cours des matières premières.

En injectant de la monnaie à taux "0" dans l'économie, il permet aux banques de s'approvisionner à bon compte en liquiditéset de les utiliser pour spéculer massivement sur les marchés de l'énergie et des autres matières premières.

C'est du moins ce que je crois. Et cela semble se vérifier: depuis novembre, quand la Fed a lancé une nouvelle politique de "quantitative easing", les contrats ouverts sur les marchés de matières premières ont considérablement augmenté. Coïncidence troublante… Bien sûr, la hausse des cours n'est pas uniquement spéculative: la forte consommation des pays émergents joue également.

Et en Europe? L'inflation frôle les 3%, et on prédit une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE en juillet. L'euro va-t-il poursuivre sa progression face au dollar ?

L'euro monte par rapport au dollar, mais surtout, le dollar s'affaiblit par rapport à toutes les grandes monnaies. La politique de "quantitative easing" a entrainé une forte création de dollars, et l'apparition de nombreux vendeurs potentiels de la devise américaine.

Quant à la BCE, je pense, comme la plupart des économistes, qu'elle va renouveler des hausses de taux d'intérêt dans les mois à venir. Une augmentation isolée de 25 points de base n'a pas de sens. Il faut plutôt y voir l'indicateur d'une tendance haussière à venir, sur une période plus ou moins longue.

Cette hausse des taux se justifie-t-elle ?

Contrairement à bon nombre de stratégistes et d'économistes, je pense que la BCE a raison d'augmenter ses taux directeurs. Elle l'aurait même fait plus tôt si la Fed n'avait pas maintenu ses taux aussi bas, aussi longtemps. Bon nombre d'économistes commettent une erreur fondamentale en préconisant des taux très bas.

Dans nos économies matures, des taux relativement élevés s'imposent de manière structurelle. Ils sont discriminants dans l'emploi de l'argent, et évitent les gaspillages et les investissements inefficaces, comme ça a été le cas au Japon dans les années 1990. La hausse me paraît également justifiée, mais à un moindre degré, pour juguler l'inflation, qui dépasse l'objectif de 2%. Même s'il n'y a pas péril en la demeure.

La croissance européenne peut-elle rattraper les niveaux américains ?

Non, je pense qu'il continuera à y avoir plus d'un point d'écart en faveur des Etats-Unis. Leur système de production est plus souple, leur propension à innover plus élevée (il suffit de regarder Microsoft, Google,Apple, Amazon, Yahoo, Facebook, Groupon…), et leur démographie plus dynamique.

Un réaménagement de la dette grecque, souhaité par le premier ministre grec, est-il envisageable ?

Ce sujet est très politique. Je vois mal la dette de la Grèce, comme du Portugal ou de l'Irlande, se résorber naturellement. Une dévaluation est impossible pour ces pays, membres de la zone euro. Le fonds européen leur a alloué des ressources, mais il est déjà arrivé au bout de ses capacités de prêt.

L'issue sera, inévitablement, de restructurer la dette, c'est-à-dire de substituer à la dette existante une dette équivalente mais d'une maturité plus longue, avec l'appui du fonds européen de stabilité, voire d'abandonner une partie de la dette. Mais cela aura un coût: des taux d'intérêt globalement plus élevés, y compris pour les pays créanciers du fonds de soutien.

Le Cac 40 a pris 5 % depuis le 1er janvier: pensez-vous que les actions constituent encore une classe d'actifs attractive en ce moment ?

Je suis pessimiste quant au marché des actions: pour moi, il sera à la baisse cette année. Certes, la Bourse est soutenue par les bons résultats des sociétés, qui ont retrouvé les niveaux d'avant la crise, aux Etats-Unis comme en Europe.

Mais la hausse des marchés me paraît exagérée, surtout en ce qui concerne les banques, qui affichent des résultats qui ont peu de signification, et les constructeurs automobiles, qui rencontrent actuellement des difficultés d'approvisionnement en composants qui vont leur coûter cher.

A l'inverse, l'agroalimentaire est relativement épargné en Europe, protégé par l'euro car les cours des matières ne progressent fortement qu'en dollars. Il en est de même des valeurs de luxe, mais leurs prix sont élevés.

Du côté des pays émergents, la croissance va-t-elle se poursuivre malgré les tensions sur les prix de l'énergie ?

Oui. La Chine, l'Inde et les pays du sud-est asiatiques peuvent subir momentanément des ralentissements d'activité, car ils interviennent pour contrôler l'inflation: augmentation des réserves obligatoires dans les banques, hausse des taux d'intérêt, appréciation de la monnaie. Pour autant, à moyen terme, la croissance se poursuivra.

Quelques points restent préoccupants pour ces pays, notamment la bulle immobilière qui est en train de se créer en Chine: les logements ont été construits à un rythme trop soutenu, et il y aurait 30 millions de logements en trop par rapport aux besoins solvables. Une situation qui pourrait se comparer à celle des Etats-Unis ou de l'Espagne !

Thomas LESTAVEL