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ITW : E. Totino, Pdt du directoire de Mersen

La société spécialisée dans les équipements à base de carbone a publié de bons résultats sur 2010. Le changement de nom (elle s'appelait auparavant Carbone Lorraine) traduit un changement profond (…)

ITW : E. Totino, Pdt du directoire de Mersen

Quelle analyse pouvez-vous tirer de l'exercice 2010, dont vous venez de publier les résultats?

La grande question, pour cet exercice, était de savoir comment se comporteraient les industries traditionnelles (environ 30 % de nos facturations) et les industries de relais (solaire, éolien, chimie, transports…). L'activité du second semestre 2009 avait été très basse, avec une chute de plus de 15 % des facturations, mais nous avions cru entrevoir des signes de reprise en novembre et décembre, nous voulions savoir s'ils se confirmeraient. Cela a effectivement été le cas au premier semestre 2010. Puis les choses se sont accélérées et les voyants sont passés au vert au second semestre, pour toutes les zones géographiques et tous les marchés. L'année 2010 a finalement excédé notre meilleur scénario, avec une croissance organique de 13 % (26 % en valeurs historiques).

Nous avons donc, en peu de temps, testé à la hausse comme à la baisse notre modèle économique, qui s'est montré résistant dans le contexte difficile de fortes variations d'activité. Nous avons, dans le même temps, réussi à intégrer les acquisitions de 2009 et réalisé de nouveaux achats: quatre en 2010.

Vous avez identifié des axes de croissance forts… Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes, par ordre d'importance?

Les besoins en énergie, en général, sont un axe de développement central pour nous. Nous pensons que les différentes sources d'énergie doivent être considérées comme complémentaires et se répartir diversement dans l'offre, selon les caractéristiques de chaque pays. L'Allemagne a opté principalement pour le solaire et l'éolien aux côtés de ses centrales thermiques, le Royaume-Uni développe de l'éolien offshore, la France, du nucléaire et de l'éolien, la Chine, qui n'a pas de pétrole, du charbon et de l'éolien… Nous sommes présents dans toutes ces activités. L'éolien est important pour nous, et le solaire a constitué une révolution pour le groupe. Sur 37 à 39 GW installés dans le monde, de 14 à 16 GW l'ont été au cours de la seule année 2010, dont 10 à 12 GW en Europe! Mersen fournit des produits en graphite pour différentes étapes de la chaîne de production des panneaux solaires: ces activités ont généré 82 millions de chiffre d'affaires pour nous en 2010, à comparer avec 12 millions en 2007! Et nous ne sommes qu'au début d'une courbe ascendante.

Nous misons également beaucoup sur le développement des transports par rail, inhérent aux changements démographiques. Ils vont nécessiter des dispositifs de captage, de transformation et de protection du courant. Autres secteurs sur lesquels nous sommes positionnés: l'électronique, notamment les LED (qui participent au développement des écrans plats et des nouvelles formes d'éclairage) ou l'électronique de puissance, qui nécessitent du graphite pour leur fabrication et des composants électriques pour leur protection. Enfin, la chimie, la pharmacie et l'industrie des engrais nous offrent également des perspectives de croissance.

Les métiers traditionnels de Mersen ont-ils tant perdu de leur importance?

Les industries de procédés (verrerie, cimenterie, sidérurgie…), c'est-à-dire les métiers historiques du groupe, représentent environ 30 % de nos facturations, contre 70 % il y a quelques années. C'est aussi pour signifier le déplacement de notre cœur de métier que Carbone Lorraine est devenu Mersen. Cela dit, ces industries ont besoin de gagner en efficacité énergétique, et c'est ce potentiel de croissance que nous voulons capter.

Quelles sont maintenant vos prévisions pour 2011?

A périmètre et taux de change constants, nous tablons sur une croissance d‘au moins 5 %. Nos prévisions ont été jugées prudentes par le passé, donc nous donnons un chiffre, mais pas une fourchette, dont nous pourrions éventuellement dépasser la borne haute. Nous visons ainsi une marge opérationnelle supérieure à 11 %. S'il faut réévaluer ces indications au mois d'août, nous les réviserons.

Mersen a-t-il les moyens d'aller au-delà de ces 11 % de rentabilité opérationnelle que vous visez?

A moyen terme 11 % est un minimum. Historiquement, à périmètre et taux de change constants, nous avons déjà atteint 12,5 % en 2008 (en retraitant des activités automobiles, que nous avons cédées depuis). Il faut que nous tendions vers cette performance.

Il faut noter qu'un peu plus haut dans le compte de résultat, notre marge d'Ebitda de 15,4 % est comparable à ce qu'elle était par le passé, avant la crise. Notre résultat opérationnel est aujourd'hui un peu affecté par les amortissements liés aux investissements que nous avons réalisés en vue de la croissance que nous anticipons sur les marchés du solaire et de l'électronique. Notre marge a été également légèrement affectée par les acquisitions très récentes que nous comptons développer.

Justement, envisagez-vous d'effectuer de nouvelles acquisitions en 2011?

Tout d'abord, il faut rappeler qu'une société à vendre n'est pas une acquisition potentielle. Une bonne acquisition combine, selon nous, plusieurs aspects: des critères financiers (une rentabilité des capitaux employés de 20 % à quatre ou cinq ans), des synergies en matière de croissance interne, un complément en termes de gammes de produits ou de présence géographique et une communauté de vue avec les dirigeants, que nous espérons le plus souvent conserver à leur poste. Nous excluons en général les sociétés à redresser.

Les opérations Calcarb et Yantaï, par exemple, répondaient à ces critères, la seconde présentant en outre l'avantage d'être située en Chine.

Nous avons actuellement des acquisitions à l'étude, qui répondent également à ces critères, et qui, je l'espère, aboutiront en 2011. Nous n'avons pas à proprement parler de budget pour réaliser d'éventuelles opérations, notre situation de bilan nous laisse une importante latitude. Et si nous devions réaliser un achat réellement transformant pour le groupe, nous trouverions, quoi qu'il en soit, les financements.

Pouvez -vous expliquer dans quelle mesure votre ratio d'endettement pourrait évoluer?

Notre dette est restée presque stable entre 2009 et 2010 (220 millions, contre 215 millions), mais nos fonds propres s'améliorant, notre ratio d'endettement a baissé, de 0,5 % à 0,44 %. L'amélioration de notre excédent brut d'exploitation a également abaissé notre ratio dette nette-Ebitda, qui est actuellement de 1,86, à comparer à 2,52 à la clôture de l'exercice 2009. Nos engagements bancaires nous permettent de le porter, si besoin, à 3,35 au maximum.

Mais l'année 2009 a été marquée par une telle crise que nous ne voulons pas aller jusque-là. Nous préférons nous tenir à l'abri des covenants. Nous voulons désormais dégager des liquidités, ce qui est un changement de culture pour Mersen. La maîtrise de la dette, du besoin en fonds de roulement et des liquidités est maintenant intégrée dans le calcul des bonus, à hauteur de 25 %. Nous faisons attention à éviter le surstockage, les dérives des créances clients, nous gérons mieux les fournisseurs… Nous voulons que ce travail s'effectue sur la durée, et ne pas faire de 2010 un exploit.

Quelle est votre proposition de dividende pour 2010?

Il va passer de 0,5 € par titre pour l'exercice 2009 à 0,75€ pour 2010. Nous avons enregistré une croissance de nos ventes et de nos résultats, nous estimons que nos actionnaires, parmi lesquels nombre de nos salariés, doivent en profiter. Nous avons toujours indiqué qu'un taux de distribution de 30 % à 40 % du résultat net nous semblait correct, à 38 % pour 2010 nous serons dans le haut de cette fourchette. Nos actionnaires auront le choix pour le paiement du coupon, entre liquide et titres. Cette dernière option a été, par le passé, choisie par 70 % de nos actionnaires, parmi lesquels les trois principaux: Axa PE, le fonds Sofina et le FSI.

Retrouvez notre analyse financière complète sur Mersen dans notre hebdomadaire et dans sa version numérique à partir de 20 heures ce vendredi soir en cliquant ici.

Propos recueillis par Emmanuelle DUCROS