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Comprendre le crowdfunding

Avec le développement d'Internet, le crowdfunding - ou financement participatif - connaît un essor très important dans le monde notamment en France. De quoi s’agit-il ?

crowdfunding

Pour lancer une start-up, le porteur de projet a souvent recours en priorité à ses proches, amis et famille (« love money ») avant de recourir à des financements complémentaires. Désormais, il peut compter également avec le crowdfunding.

Le crowdfunding permet de réunir des fonds (en prêt ou en capital) auprès d'un large public - via Internet. Les fonds ainsi récoltés permettent de financer un projet entrepreneurial. C’est la multiplication des sommes versées par le public qui va rendre possible le financement du projet.

Depuis le 1er octobre 2014, les plateformes de crowdfunding ont désormais une réglementation adaptée.

Qu’il s’agisse du porteur de projet ou de l’investisseur, il est indispensable de bien connaître les rouages de ce type de financement - en plein essor malgré des risques importants.

Crowdfunding : une définition

L’article L. 548-1 du code monétaire et financier donne une définition du crowdfunding :

"l'intermédiation en financement participatif consiste à mettre en relation, au moyen d'un site Internet, les porteurs d'un projet déterminé et les personnes finançant ce projet."

Alternative aux financements traditionnels, le crowdfunding, littéralement « financement par la foule » utilise Internet - et les réseaux sociaux - pour mettre en relation des porteurs de projets et des personnes finançant les projets qu’ils auront sélectionnés, via des plateformes.

Pour l'entrepreneur ce modèle permet de conjuguer campagne de financement et campagne de communication autour d’un projet et ce pour un budget réduit.

Les différentes catégories de crowdfunding

Il existe trois grandes catégories de plateforme de financement dont le modèle va nécessiter un contexte réglementaire adapté, selon qu’elles reposent sur :

  • les dons
  • les prêts
  • les investissements en fonds propres.

Les plateformes de dons (donation-based)

C’est la catégorie la plus ancienne. Les particuliers vont - sans contrepartie-  investir dans des causes caritatives (ou mécénat).

Le financement avec prise de participation (equity-based)

C’est le modèle qui se développe actuellement en France. L’internaute-financeur va investir dans un projet à la base d’une création d’entreprise, entrer au capital de l’entreprise et devenir actionnaire. Participant à une véritable aventure, il aura un retour financier en cas de réussite du projet.

Le prêt participatif (lending-based)

C’est une catégorie de prêts entre particuliers. Afin de financer un projet, un particulier va ici prêter une somme d'argent, avec intérêts (possibilité ouverte depuis le 1er octobre 2014) ou sans intérêts.
Le montant prêté devra être rendu dans le délai imparti.

On peut également évoquer le financement sans contrepartie financière (reward-based). Ce modèle est assez répandu en France. Les particuliers investissent dans un projet et reçoivent des contreparties en nature : un objet, un service etc. On parle de récompense non monétaire.

Le fonctionnement

Ce qui caractérise le crowdfunfding, c’est le rôle important des crowders qui vont évaluer un projet et devenir décisionnaires alors que dans les financements plus traditionnels - hors love money - c’est avant tout à l’expertise qu’on recourt.

La sélection des projets

Investisseurs et porteurs de projets vont se rencontrent via une plateforme. Les porteurs de projet qui ont besoin de fonds pour démarrer leur activité prennent contact avec une plateforme qui va valider leur projet et les accompagner dans la présentation.

Ensuite, le projet est proposé aux particuliers : la collecte de fonds débute.

Les investisseurs peuvent prendre contact avec le détenteur du projet qui répondra aux questions des internautes.

Les crowders sont également sollicités en tant que potentiels clients ou utilisateurs du service du produit proposé dans le projet. Ils peuvent ainsi contribuer au développement de l’entreprise en mettant à sa disposition leurs conseils et leurs réseaux.

Des montants variables

Selon la nature du projet ou son stade de développement le montant des fonds à collecter peut être très variable.
C’est l’addition de sommes unitairement faibles venant de milliers ou de dizaines de milliers de personnes qui permet de réaliser le financement du projet.

Le texte ne prévoit aucun plafonnement de capitaux (equity) pour les particuliers. Néanmoins, une société ne peut pas lever plus d’un million d’euros.
Dans l’equity crowdfunding, dès qu’une entreprise réunit le montant requis, l’opération de financement est enclenchée et les investisseurs rentrent alors directement au capital de l’entreprise.

Crowdfunding : les risques

A l’avenir, le financement participatif peut se révéler être une alternative durable aux financements traditionnels. Mais il est important d’en connaître les limites et les risques pour l’investisseur - risques qui varient selon le mode de financement (don, prêt, equity).

Avant de se lancer, le financeur potentiel doit s’interroger pour savoir si le financement participatif est fait pour lui et doit prendre des précautions en connaissant les principaux risques :

  • il peut perdre tous les fonds investis ou prêtés : les espoirs de gains élevés sont donc à la mesure de la perte potentielle,
  • l’absence de liquidité de son investissement ou de son prêt, les fonds ne peuvent pas être récupérés, dans le meilleurs des cas, avant l’échéance de l’opération.

La plateforme doit informer l’investisseur des risques encourus et du montant des frais prélevés.

A noter : aux États-Unis le JOBS act. a souhaité limiter le montant des investissements pouvant être effectués par l’internaute en fonction de ses revenus (par exemple 5 % pour un revenu compris entre 40 000 dollars et 100 000 dollars).

Crowdfunding : les raisons du succès

Plusieurs facteurs expliquent le succès actuel du financement participatif :

  • la difficulté rencontrée par les porteurs de projets de trouver le financement en phase d’amorçage. Ce mode de financement va donc être le complément d’autres sources de financement traditionnelles comme les business angels, le love money, et le capital-risque.
  • Une simplification du suivi et des démarches administratives par rapport aux systèmes traditionnels de financement.
  • Internet mais aussi les réseaux sociaux facilitent les contacts entre investisseurs potentiels et porteurs de projet, avec un budget limité.

La France connaît un nouveau cadre réglementaire depuis le 1er octobre 2014 mais nul doute que ce dispositif sera encore amené à évoluer.