Porté par les espoirs d'injections de liquidités,l'or repart

L'or profite des espoirs de prochaines interventions des banques centrales européenne et américaine pour soutenir la croissance économique.

Porté par les espoirs d'injections de liquidités,l'or repart

Pour l'or, il y a une formule magique : celle de la politique d'assouplissement monétaire. Dès que ces mots sont prononcés, l'effet est immédiat : son cours grimpe. La publication des minutes de la Réserve fédérale mercredi dernier n'a pas fait exception à cette règle. Alors que la banque centrale américaine laissait transparaître dans ces " minutes " que ses dirigeants étaient prêts à augmenter sous peu leur soutien à l'économie, si la reprise restait cahoteuse, le prix de l'once d'or s'est nettement ressaisi : elle a engrangé près de 50 dollars depuis lundi (+ 3,5%) pour se hisser hier à 1676,90 dollars, en séance, au plus haut depuis la mi-avril. Déjà, fin juillet, quand Mario Draghi avait indiqué que la Banque centrale européenne était prête à " tout faire pour préserver la zone euro ", l'or, qui évoluait jusqu'alors dans une fourchette étroite comprise entre 1.550 et 1.600 dollars, avait commencé à se réveiller.

Déséquilibre offre-demande

Pour les marchés, tout ce qui peut stimuler l'économie est synonyme de croissance et par conséquent, favorable aux matières premières. Pour l'or, l'effet de levier est d'autant plus élevé qu'il profite aussi des craintes de résurgence de l'inflation induites par la création de masse monétaire. Mais " si la banque centrale américaine n'intervient pas rapidement, les opérateurs de marché risquent d'être déçus et le prix de l'or pourrait connaître, à l'instar du secteur des matières premières, une prise de bénéfices technique", remarque Alain Corbani , directeur général de Commodities Asset Management et gérant du fonds Global Gold &, Precious.

Pour autant, 2012 pourrait bien se révéler la douzième année d'affilée de hausse pour le métal précieux. Depuis janvier, le prix de l'or n'a grimpé que de 4 %, mais " tous les signaux sont au vert : les taux d'intérêt réels sont négatifs et il existe toujours un déséquilibre entre l'offre et la demande ", ajoute Alain Corbani. Au cours des dix dernières années, la première a quasiment stagné alors que la seconde a progressé de 60 %.

Les statistiques officielles du marché de l'or montrent que la demande mondiale a fléchi de 7 % au deuxième trimestre 2012, mais les achats nets des banques centrales ont, eux, doublé à 157,5 tonnes, compensant la baisse de la joaillerie , ce qui est un fort soutien au cours. Fait notable, les milliardaires John Paulson et Georges Soros ont augmenté il y a peu leurs parts dans le SPDR Gold Trust, le premier fonds adossé à l'or. Quant aux positions nettes acheteuses sur les marchés, elles ont augmenté de 37 % au cours des semaines passées.

L. BOI