L'Insee prudent sur la "bulle" immobilière

Pour l'institut de statistique, la "sphère financière" n'explique pas tout dans le niveau des prix de l'immobilier.

L'Insee prudent sur la

Un point de vue qui tranche avec celui du Centre d'analyse stratégique (CAS)

Pour l'Insee, certains éléments montrent que le marché immobilier français est en bonne partie régi par l'économie réelle. "Malgré la crise financière, et après une modeste correction, les prix ne baissent pas", note Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee. Autre indice, la part du PIB consacrée à la construction résidentielle reste comprise entre 3% et 4% depuis plus de dix ans, là où l'Espagne a culminé à 9%. Seuls les Etats-Unis et le Royaume-Uni font moins bien, mais après un décrochage brutal. L'économiste pointe également l'endettement des ménages. Passée en cinq ans de 60% à 80% du revenu disponible brut, il reste pourtant inférieur à l'Allemagne, et surtout à l'Espagne (endettement supérieur à 120%), la Grande-Bretagne et les Etats-Unis (supérieurs à 140%).

La part du "réel" se réduit

Ces éléments laissent penser que le marché immobilier français serait plus "réel" que les autres pays de l'étude. Cela reste à voir. Sans parler de "bulle", l'Insee souligne aussi les facteurs "de la sphère financière" intervenant dans la formation des prix. "La baisse des taux d'intérêt en France, ainsi que les économies d'impôt associées à la loi Scellier viennent soutenir la demande immobilière des ménages", analyse Jean-Philippe Cotis. Mais le poids du facteur financier se ressent surtout dans le ratio entre le prix de l'immobilier (davantage connecté aux facteurs financiers) et le niveau des loyers (davantage connecté aux besoins réels). "Actuellement, lorsque le loyer est à 100, le prix est à 180. Cet indice montre que les loyers ont augmenté moins vite que les prix ces dernières années", explique Jean-Philippe Cotis. Dans la formation du prix, la part du "réel" semble donc bien se réduire.

EDOUARD LEDERER