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Immobilier : quel impact de la crise de la Bourse ?

Même si la pierre est une valeur refuge, elle ne profitera pas forcément de la dégringolade boursière. Les banques pourraient réduire le robinet du crédit.

Immobilier : quel impact de la crise de la Bourse ?

Si la Bourse souffre, l'immobilier en profite-t-il ? A première vue, lorsque le placement boursier se dégrade sérieusement, l'immobilier résidentiel conforte son caractère de valeur refuge.

Complètement décontenancés par la crise boursière, des détenteurs de valeurs mobilières peuvent être tentés de céder leur portefeuille tout en enregistrant des moins-values pour se tourner vers un actif plus tangible, comme la pierre. Si demain la valeur des obligations émises par des Etats fortement endettés chute considérablement, les immeubles restent bel et bien sur pied.

Les taux de crédit encore attractifs

L'autre argument en faveur de l'immobilier a trait au faible niveau des OAT à dix ans, qui sert de référence à la fixation des taux d'intérêt fixes des crédits immobiliers. "Entre le 5 juillet et le 11 août, le taux des OAT a enregistré un recul spectaculaire en perdant presque 50 points de base, explique Ari Bitton, à la tête AB Courtage. Tant que les banques n'auront pas rempli leurs objectifs de production de crédit aux immobiliers, c'est-à-dire jusqu'à début novembre, elles ne devraient pas continuer à stabiliser leurs taux proposés aux emprunteurs immobiliers." Les particuliers en quête d'un bien pour se loger ou s'agrandir ont sûrement intérêt à passer à l'acte, en négociant leur acquisition. "Une fois cette fenêtre de tir, tout peut arriver : même avec une OAT à dix ans qui resterait au niveau actuel de 3%, les banques peuvent être tentées de remonter leurs taux et même de restreindre sérieusement les conditions d'octroi de crédit", poursuit Ari Bitton. Son de cloche identique chez un autre courtier en crédit. "En 2008, après la faillite de Lehman Brothers, la perte de confiance qui s'était installée entre établissements financiers avait entraîné une raréfaction des liquidités et une hausse des taux, se rappelle Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Il n'est pas impossible que le même scénario se reproduise."

En attendant, les acquéreurs actuels peuvent obtenir un prêt avec un apport personnel se limitant à seulement 5% du prix du bien acheté, hors droits d'enregistrement. Demain, les banques pourraient leur demander jusqu'à 15% d'apport personnel."Si les banques réduisent le robinet du crédit, quasiment la moitié des dossiers financés en 2010 ne seraient plus acceptés," confie en privé un spécialiste. Seuls les très beaux dossiers de crédit ne pourraient être acceptés. "Avec leurs sévères déconvenues boursières, les banques ne veulent plus prendre de risque sur l'immobilier", explique un banquier préférant conserver l'anonymat. D'où le danger de rencontrer des difficultés pour financer un investissement locatif dans le neuf comme dans l'ancien. Ou tout simplement, si l'emprunteur ne présente pas de garanties suffisantes.

Martine DENOUNE