Prêts immos : impact modéré de la hausse du taux de la BCE

Pour les emprunteurs immobiliers, la majoration de 25 points de base du principal taux directeur de la BCE aura plus d'incidence sur les prêts à taux variables que sur ceux à taux fixes.

Prêts immos : impact modéré de la hausse du taux de la BCE

Sans surprise, la Banque Centrale Européenne vient de majorer de 25 points de base son principal taux directeur. Pour les emprunteurs, cette majoration aura plus d'incidence sur les prêts à taux variables que sur ceux à taux fixes.

Un impact direct sur les prêts à taux variable

" La politique monétaire de la BCE ne devrait avoir d'incidence directe à court terme que sur les taux variables, adossés à l'Euribor " analyse Christian Camus, à la tête de meilleurtaux.com. En France, cette catégorie de prêts ne représente que 10% du marché. Au 7 avril, l'Euribor 3 mois s'établit à 1,28 %. " La conséquence essentielle d'une poursuite de la remontée des taux courts est une moindre attractivité des crédits variables ", poursuit Christian Camus. En clair quand le taux de la BCE monte, l'Euribor aussi. Et comme les banques se fondent sur ce dernier pour déterminer les taux de leurs crédits à taux varaibles, il y a de fortes chances que le coût des prêts à taux variable monte.

Un impact indirect sur les prêts à taux fixe

Pour déterminer leur taux fixe, les banques se référent au taux de l'OAT (obligations assimilables du Trésor). Au 7 avril, l'OAT à dix ans s'établit à 3,76 %. " La majoration du taux directeur de la BCE aura un impact indirect sur les prêts à taux fixes, puisque l'Euribor ne sert pas de référence pour déterminer le taux de ces prêts explique Ary Bitton, directeur général de AB Courtage. Mais cette hausse aura une incidence indirecte, car si les banquiers se refinancent essentiellement sur le marché obligataire à long terme, ils ont également recours au celui à court terme ". Du coup, le renchérissement du taux de la BCE et de celui de l'Eurobior dans la foulée, pourraient avoir des effets haussiers, mais à la marge, sur les taux fixes des crédits immobiliers.

Depuis novembre 2010, les taux fixes sont à la hausse. La dernière, intervenue en mars, s'explique par la fermeté des OAT (obligations assimilables du Trésor) dix ans, qui ont atteint 3,77% au 1er avril contre 3,57% un mois auparavant. Au 4 avril, les taux fixes étaient en moyenne de 3,95 % sur 15 ans et de 4,20 % sur 20 ans.

" Nous anticipons une stabilité du taux de l'OAT autour de son niveau actuel jusqu'en fin d'année, mais la nécessaire restauration des marges des banques laisse entrevoir une poursuite de la remontée des taux fixes avant l'été ", explique Laurent Quignon, responsable du département économie bancaire chez BNP Paribas (Lire " Les Echos " du 1er avril ). Martine DENOUNE