Interview : N. Schimel - PDG de l'UFF

Nicolas Schimel - PDG de l'Union financière de France (UFF) " Les clients patrimoniaux savent évaluer la situation et en tirer les conclusions pour leur gestion personnelle

Interview : N. Schimel - PDG de l'UFF

On ne peut plus dire qu'ils n'ont pas de culture financière. Ils font preuve d'une certaine lucidité, savent évaluer la situation et en tirer les conclusions pour leur gestion patrimoniale. Ils sont 51 % à avoir modifié leur comportement d'épargne face à la crise, contre 45 % seulement les deux années précédentes. Ils ont également une vision très pessimiste (79 %) de l'évolution à venir des marchés et pensent que leur capacité d'épargne va encore diminuer.

Ils semblent avoir intégré la réalité et sont conscients que pour obtenir du rendement il faut aussi accepter une certaine dose de risque. 7 % des personnes interrogées sont prêtes à prendre des risques forts en capital en contrepartie d'un rendement important et 34 % des risques modérés pour un rendement moyen. Ils sont prêts à avoir 20 % de produits risqués dans leur portefeuille. Ce chiffre ne bouge pas depuis trois ans et nous paraît être un seuil plancher. Il faudra un certain temps avant que ce taux ne remonte. En tout état de cause, ces chiffres ont très peu évolué depuis trois ans, alors même que l'enquête a été réalisée en septembre, soit juste après un été plutôt anxiogène.

Les personnes sondées estiment que c'est le bon moment pour investir dans l'assurance-vie en euros, l'immobilier locatif d'investissement ou l'or. L'attractivité de l'assurance-vie multisupport (non garantie) recule fortement, de 47 % en 2010 à 36 % seulement cette année. Côté immobilier, en revanche, leur intérêt s'exprime en priorité pour les résidences pour seniors (61 %), les Ehpad -établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes -(60 %) et les résidences d'étudiants (55 %), loin devant le dispositif Scellier (43 %). Cela nous a positivement surpris, mais s'explique certainement en partie par l'expérience personnelle de la population sondée, qui a nécessairement eu à se préoccuper du logement d'un ancien ou d'un enfant étudiant.

Propos recueillis par Mireille WEINBERG