Immobilier : le prestige se porte bien

Sotheby's enregistre une hausse de 67 % de ses ventes au deuxième trimestre 2011 en France. Le très haut-de-gamme est devenu valeur refuge.

Immobilier : le prestige se porte bien

Excellent deuxième trimestre pour l'immobilier de prestige. Les 50 agences du réseau Sotheby's International Realty France ont vendu pour un total de 131 millions d'euros, en hausse de 67 % par rapport au deuxième trimestre 2010, dépassant même le deuxième trimestre 2008, quelques mois avant le déclenchement de la crise financière. Le nombre d'opérations s'affiche lui aussi à la hausse (94 contre 87 au deuxième trimestre 2010) , ainsi que le prix moyen des transactions. Inférieur à 900.000 euros au printemps 2008, il s'effondre à 600.000 euros un an plus tard. Il se redresse ensuite continuellement à 1 million d'euros (printemps 2010), puis à 1,4 millions d'euros (printemps 2011). Autre indice de cette bonne santé : même les marchés secondaires du luxe (Biarritz, Dinard...) -et pas seulement Paris ou la Côte-d'Azur -ont enregistré des transactions.

Qui sont les acheteurs ?

En apparence, le marché est revenu à ses habitudes d'avant-crise. En réalité les habitudes ont un peu changé. Tout d'abord dans la nature de la clientèle. " En dehors de Paris, l'année 2010 a été difficile. Les acheteurs français reviennent plus nombreux que les années précédentes pour profiter de prix encore intéressants sur les marchés régionaux ", explique Alexander Kraft, Président -Directeur Général de Sotheby's international Realty France. Dans le même temps, les investisseurs étrangers semblent " découvrir " la France. Au premier chef les acheteurs russes, qui représentent désormais 9 % de la clientèle de Sotheby's. Suivent les clientèles traditionnelles américaines et britanniques, puis des Chinois qui accentuent eux aussi leur présence (4 % des clients).

La France comme marché refuge

Les motivations des acquéreurs sont, elles, liées à la crise financière. " L'immobilier de prestige français fait figure de valeur refuge à la fois pour les Français et pour les étrangers. Les acquéreurs le voient comme un investissement de long terme ", estime Alexander Kraft. Par ailleurs, ces acquéreurs font moins appel au crédit dans leur montage financier, leur objectif étant de mettre à l'abri leurs liquidités. Pourquoi une telle confiance dans le marché hexagonal ? " L'immobilier de prestige français est resté relativement stables par rapport aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à l'Espagne. Et les niveaux de prix restent comparativement plus bas ", reprend Alexander Kraft.

Vigilance sur les prix

La baisse du nombre de transaction observée sur le marché résidentiel classique est-il de mauvaise augure pour le très haut-de-gamme ? Pas forcément, ces deux marchés n'étant pas directement liés, et les clientèles très différentes. Seul sujet d'inquiétude, le niveau de prix. " Je suis inquiet devant les prix, notamment à Paris. Ils n'ont pas encore atteint les niveaux de Londres ou de Hong-Kong. Mais pour rester dynamique, le marché français doit rester concurrentiel par rapport aux autres pays ", note Alexander Kraft.

Edouard LEDERER