Double peine pour les SCPI

La réforme des plus-values pourrait avoir un impact significatif sur les sociétés immobilières.

Double peine pour les SCPI

Apartir du 1er février 2012, le régime de taxation des plus-values immobilières change. Pour échapper à l'impôt, les placements immobiliers devront être détenus pendant trente ans au lieu de quinze jusqu'à présent. Cette nouvelle fiscalité des plus-values immobilières va-t-elle réduire l'attrait des SCPI, qui ont procuré en 2010 des revenus locatifs de 5,63 % en moyenne aux porteurs ?

Taxation à deux niveaux

" La taxation interviendra une première fois lors de la cession avec plus-value d'un immeuble par la SCPI. S'y ajoutera le cas échéant une imposition des porteurs lors de la revente des parts avant trente ans, c'est une double peine si la loi n'est pas modifiée sur ce point ", avance Arnaud Dewachter, délégué général de l'Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim).

Le pire pour les SCPI de plus-value

Du côté du rendement versé par les SCPI, il ne devrait pas être touché par la nouvelle donne fiscale. " L'impact de la réforme sur le rendement sera marginal ", assure Arnaud Dewachter. Les plus touchées seront les SCPI de plus-value, qui représentent 500 millions de capitalisation sur les 23,5 milliards d'euros de l'ensemble des SCPI, soit à peine 2 % du marché. Ces dernières ont la particularité de ne pas verser de revenus locatifs de manière à privilégier la valorisation à long terme du patrimoine et donc des parts. Les SCPI fiscales (loi Scellier) sont également impactées, car, avec ce type de produit, les parts étaient souvent revendues au terme de quinze ans.

Régularité du dividende

" Si la plus-value est taxée, cela signifie que l'objectif de constitution du patrimoine est rempli ", tempère Frédéric Puzin, PDG de Corum AM, société de gestion spécialisée dans l'investissement immobilier. " L'objectif premier des investisseurs particuliers reste le dividende et sa régularité. La plus-value, c'est juste la cerise sur le gâteau ", ajoute-t-il.

Risque de ventes massives

Comment les porteurs de parts vont-ils se comporter ? Vont-ils revendre certaines SCPI pour prendre leurs bénéfices avec une imposition réduite avant le 1er février 2012 ? " Le risque de vente massive existe en théorie ", confirme Arnaud Dewachter. " Mais les SCPI sont surtout un produit de rendement que les particuliers achètent pour se procurer des revenus sur le long ou très long terme ", veut croire le délégué général de l'Aspim. " Il est plus probable que les épargnants conservent les parts. S'ils vendent, vers quel support d'investissement pourront-ils se tourner à la place ? ", espère Frédéric Puzin.

Vittoria DE BAGNOLO