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Copropriété : forces et faiblesses des syndics alternatifs

Bénévoles, intervenants, sites Internet... Le point sur les forces et faiblesses des syndics alternatifs.

Avec Catherine Schmidiger, rédactrice en chef au Particulier immobilier, spécialiste au sein du groupe Le Particulier de l’immobilier ;
et Maître Gabriel Neu-Janicki, avocat à la cour de Paris et dirigeant de son propre cabinet. Il est spécialiste de l’immobilier et membre de la Royal institution of Chartered Surveyors.
 

Un mot sur les syndics bénévoles ?

 

Gabriel Neu-Janicki –  La première chose est d’avoir du temps. Lorsque l’on est syndic bénévole, on est généralement copropriétaire et on va s’investir dans sa copropriété
 
Catherine Schmidiger – Ce n’est adapté qu’aux très petites copropriétés. 3 lots ou 4 lots, pas plus. 
 
Gabriel Neu-Janicki –  Le premier point est qu’il faut surtout que tout le monde s’entende très bien dans la copropriété. En cas de divergences, mieux vaut déléguer à un tiers. 
Le deuxième point est que le syndic bénévole lui-même doit s’assurer. Un exemple très simple : de la pierre qui se détache de la façade. Un des copropriétaires écrit alors à son voisin syndic bénévole pour lui dire de faire attention. Admettons que le syndic bénévole tarde et qu'au lieu de le faire immédiatement, il le fait 10 jours après :  sa responsabilité pourra être engagée. 
C’est donc un investissement de temps, parce qu’il faut également gérer les aspects financier, comptable et administratif de la copropriété. Généralement lorsque le syndic bénévole arrête, la copropriété repasse à un syndic professionnel car d’autres copropriétaires ne souhaitent pas reprendre la suite.
 
Catherine Schmidiger – Ou bien alors il faut se faire assister par un certain nombre de professionnels qui, de plus en plus, proposent des prestations comptables et administratives.
 

Est-ce qu' Internet modifie la donne ? Est-ce qu’un site révolutionne le business et propose des reportings ou des hotlines ? 

 
Catherine Schmidiger – Oui, avec des honoraires plus faibles ou des prestions à la carte. Ça correspond en effet à l’évolution du rapport entre syndics et copropriétaires. Ces derniers seront ainsi peut-être incapables de résister à l’accroissement des normes et des textes qui sont parfois un peu complexes. Un syndic bénévole peut donc parfaitement prendre en charge ce qu’il est capable de prendre en charge dans sa copropriété et déléguer, à moindre coût, un certain nombre de prestations à des intervenants ou à des sites professionnels. 
 

Quelles compétences sont nécessaires afin d’être syndic bénévole ?

 

Gabriel Neu-Janicki –  Du temps. Mais il n’y a aucun titre particulier à avoir, si ce n’est qu’il faut maitriser un peu de comptabilité.
 
Catherine Schmidiger – Il faut avoir au moins une compétence majeure. Cela peut être une compétence technique. 
Par exemple, dans une copropriété ancienne où beaucoup de choses sont à faire, il faut pouvoir mettre les mains dans le cambouis, connaître les différents systèmes de chauffage... Un ingénieur sera alors parfait. Si, en revanche,  l’immeuble de la copropriété est impeccable mais qu’il y a des problèmes de maitrise de charges, un ancien comptable sera parfait. C’est un peu toujours la même chose : si un syndic bénévole est multitâches, il risque de ne rien faire du tout ou de tout faire mal, au contraire de celui qui  a une spécificité technique et bien sûr beaucoup de temps et de volonté. Finalement,  la compétence la plus importante est le sens de la conciliation et de la diplomatie.
 

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