Premier bilan positif pour la réforme du Livret A

Le 1er rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée va être rendu public. Tirant un bilan de la 1ère année de banalisation du Livret A.

Premier bilan positif pour la réforme du Livret A

Optimisme de rigueur. Dix-huit mois après la généralisation de la distribution du Livret A à l'ensemble des réseaux bancaires, l'Observatoire de l'épargne réglementée tire un premier bilan positif de cette réforme. En introduction de son rapport d'une centaine de pages, en cours de finalisation, que Les Echos se sont procuré, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l'institution, juge que "la mise en place de la réforme s'est déroulée de façon satisfaisante". Selon lui, les scénarios catastrophe que ses opposants promettaient n'ont en effet pas eu lieu.

"La dynamique de la collecte totale sur le Livret A s'est maintenue, la généralisation de la distribution n'ayant pas suscité, comme d'aucuns ont pu le craindre, de transferts vers d'autres produits de placement", souligne Christian Noyer. Depuis l'entrée en vigueur de la réforme en janvier 2009, les sommes déposées sur le Livret A ont ainsi progressé de 13,8%, pour atteindre 187,7 milliards d'euros fin mai. "D'autre part, aucun basculement brutal ne s'est produit dans la répartition des parts de marché entre anciens et nouveaux distributeurs", poursuit le gouverneur de la Banque de France.

La part du lion

Selon le rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée, les réseaux historiques Caisses d'Epargne, La Banque Postale et Crédit Mutuel pour le Livret bleu, conservent de fait la part du lion, avec 83 % de parts de marché. "Enfin, les fonds collectés ont été réemployés, semble-t-il, de façon équilibrée à la fois aux financements d'intérêt général pour la partie centralisée par la Caisse des Dépôts et au financement des PME et du développement durable pour la partie conservée au passif des établissements bancaires", conclut Christian Noyer. Fruit d'une négociation serrée entre les onze membres de l'Observatoire de l'épargne, ce premier rapport pouvait difficilement être moins consensuel. Les préoccupations des représentants du Trésor et des banques, d'un côté, et de la Caisse des Dépôts et du logement social, de l'autre, y figurent à tour de rôle, esquissant ainsi les problématiques à venir sans les régler.

Ce premier exercice constitue en quelque sorte un rodage avant que ne commencent les choses sérieuses. Le premier test pour l'Observatoire ne tardera pas : la réforme du mode de centralisation des fonds collectés via les livrets d'épargne réglementée doit intervenir en 2012. Les discussions, qui commenceront dans quelques mois, promettent d'être à la hauteur de l'enjeu : la disposition ou non d'une liquidité peu onéreuse.

Ninon RENAUD