Livrets rémunérés : n'hésitez pas à en profiter !

Les offres se suivent et se ressemblent chez les promoteurs de livrets rémunérés : au mieux 5 % bruts pendant trois mois, ensuite entre 1 et 2 % bruts. De bons compléments au Livret A.

livrets rémunérés

Livret A : une rémunération maintenue à 1,75 %

L'époque où le livret A rapportait 4 % nets n'est pas si lointaine. Les heureux détenteurs de ce livret entre le 1 er août 2008 et le 31 janvier 2009 ont bénéficié de cette rémunération élevée. Après être passé par un plancher à 1,25 % le livret fétiche des Français rapporte 1,75 % depuis le 1 er août 2010. Selon Cyril Besson, directeur de la recherche chez Seeds Finance, groupe Morningstar, "Sur la base des dernières données connues, le scénario le plus probable est un maintien de ce taux en février 2011. En dernier ressort, c'est le chiffre d'inflation de décembre 2010 qui sera ou non le déclencheur d'une hausse du Livret A". Quant à savoir si le taux pourrait être modifié en août 2010, il est bien trop tôt pour tirer des plans.

Le Livret A reste donc une bonne solution pour rémunérer des liquidités. Son taux d'intérêt net de 1,75 % correspond à un taux d'intérêt brut de 2,51 % en 2010 et à une rémunération brute de 2,55 % en 2011 compte tenu de l'augmentation de la fiscalité en 2011. Dans ces conditions, les livrets rémunérés semblent plus opportuns, mais le sont-ils vraiment ?

Les offres promotionnelles des livrets rémunérés sont limitées à des périodes courtes. Ainsi, plusieurs offres se sont terminées le 15 décembre (Livret B for Bank, Livret + de Fortunéo offrant chacun 5 % bruts pendant 3 mois). Parmi les promotions ouvertes jusqu'au 31 décembre 2010 : le Livret Allianz sert du 5 % bruts pendant deux mois, le livret Epargne Orange offre, quant à lui, du 4,8 % bruts et une prime de 50 euros.

Mais il faut aussi prendre en compte la rémunération servie après la période promotionnelle. Les taux des livrets rémunérés sont aujourd'hui rarement à plus de 2 % bruts alors qu'ils étaient à 3 % à la mi 2009. Placer 15.000 euros sur un livret A à 1,75 % sur un an rapporte 262 euros d'intérêts, déposer la même somme sur un livret donnant 5 % bruts pendant trois mois, puis 2 % bruts pendant neuf mois permet d'obtenir 412 d'intérêts bruts, mais en 2011, une fois déduits le prélèvement fiscal et les prélèvements sociaux, il ne restera que 283 euros. La différence reste donc assez faible, sauf si vous placez une somme importante sur votre livret rémunéré. Mais les livrets rémunérés étant avant tout des outils commerciaux permettant aux banques de capturer de nouveaux clients, les sommes susceptibles d'être versées, sont plafonnées la plupart du temps à quelques dizaines de milliers d'euros.

Les intérêts plus lourdement taxés

En 2011, le prélèvement forfaitaire libératoire, applicable aux intérêts des "livrets rémunérés" devrait passer de 18 % à 19 %. Par ailleurs, les prélèvements sociaux devraient augmenter de 0,2 point. Voici les écarts entre les rendements bruts et nets pour une personne retenant le prélèvement fiscal libératoire en 2010 et en 2011 :

Rendement brut Rendement net en 2010 (18 + 12,10% Rendement net en 2011 (19 + 12,30%)
5% 3,50% 3,43%
4% 2,79% 2,74%
3% 2,09% 2,06%
2% 1,39% 1,37%

Exemple : Vous placez de l'argent sur un livret rémunéré qui rapporte 5 % bruts. L'augmentation du prélèvement fiscal et la hausse des prélèvements sociaux se traduiront par une baisse de la rémunération nette qui passera de 3,50 % en 2010 à 3,43% en 2011. Autrement dit, pour 100.000 euros placés, votre gain net, impôt et prélèvements sociaux déduits, sera en 2011 de 3.430 euros contre 3.500 euros en 2010. Vous perdrez donc 70 euros.

La légère remontée des taux pourrait être favorable aux livrets rémunérés en 2011. Les taux courts (par exemple l'Euribor 3 mois) sont encore bas, mais ils ont remonté depuis le début 2010. Ainsi, à fin mars 2010, l'Euribor 3 mois était à 0,63 % - c'était son niveau le plus bas depuis 10 ans - son maximum ayant été de 5,39 % le 8 août 2008, le 6 décembre 2010 cet indice était à 1,03 %. Il ne fait aucun doute que dès janvier 2011 de nouvelles offres promotionnelles (entre 4 et 5 % pendant deux ou trois mois) devraient refleurir chez les promoteurs de livrets rémunérés. "Les banques ont besoin d'avoir des ressources bilantielles et supportent donc un coût élevé d'acquisition d'un nouveau client ", conclut Cyril Besson, directeur de la recherche chez Seeds Finance, groupe Morningstar. Avis aux amateurs !

Bernard LE COURT