L'Etat doit réorienter l'épargne sur le long terme

Plusieurs rapports soulignent la nécessité que l'État dynamise l'épargne et la réoriente vers le long terme. Car 30 à 40 milliards d'euros manquent pour redynamiser l'appareil productif national.

L'Etat doit réorienter l'épargne sur le long terme

Selon un rapport émanant du Conseil d'analyse économique (CAE) (1), pointé le 8 juin par le site du journal LesEchos.fr, la France serait placée face à "la nécessité d'un retour de l'État au premier plan pour relancer les investissements de long terme". Cette urgence a une raison financière, liée à la conjoncture : de 30 à 40 milliards d'euros de plus par an manqueraient en effet pour redynamiser l'appareil productif national.

Le problème souligné, est en fait celui de la ventilation de l'épargne existante et de sa destination la plus adaptée à la situation économique nationale : en 2008, le patrimoine financier des Français était ainsi de l'ordre de 3.500 milliards d'euros. Une somme. Or peu de cette épargne privée part dans des projets de long terme : c'est à dire des fonds de pension, des compagnies d'assurances, des fonds souverains, etc.

 

Un partage des risques

Pour parvenir à réorienter l'épargne, "ce n'est pas dans les investisseurs de long terme que l'on trouvera la solution mais dans le partage des risques entre l'Etat et les acteurs privés", dit le CAE. En clair, il s'agit que l'État suscite un effet de levier sur le secteur privé. Avec, par exemple, le montage de "véhicules spéciaux associant public et privé pour des projets ciblés d'investissement de long terme".

Autres pistes évoquées par le CAE :

  • agir sur les normes comptables ;
  • agir sur les structures des fonds d'investissement.

 

Retard français ?

Le CAE n'est pas le seul organisme à réfléchir sur ce sujet. Dans le même temps, l'AFG (Association Française de la Gestion Financière) a publié, le 1er juin dernier, ses propositions pour renforcer l'épargne longue. Elle les justifie face à une situation d'urgence et un certain retard français : "En France, moins du quart des ménages possèdent des actions, cotées ou non cotées. Si l'on exclut les actions détenues par les chefs d'entreprise au titre de leur propre entreprise, les actions représentent moins de 15% de l'épargne financière des ménages". Alors qu'en Grande Bretagne ou aux États-Unis, on atteint les 30%...

NB : téléchargez directement le rapport complet du CAE et prenez connaissance des propositions de l'AFG.

(1) présidé par Christian de Boissieu, le CAE est placé auprès du Premier ministre, avec mission "d'éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique"