Calcul du taux du Livret A : pas de révision de la formule

Comment est calculé le taux du Livret A ? Quels sont les enjeux économiques et politiques de cette formule de calcul ?

Taux livret A

Tandis que les spéculations vont bon train sur le prochain taux du livret A au 1er août, le Gouvernement renoncerait à en réformer la formule de calcul, tel que le préconisait le rapport Duquesne sur l’épargne réglementée.

Calcul du taux du Livret A : une formule qui fait débat

En matière de fixation du taux du livret A, et par conséquence du LDD et du LEP, le rapport rappelle que la France a essayé bon nombre de méthodes : décision discrétionnaire des pouvoirs publics, encadrement de la décision dans une fourchette, référence à un comité d’experts, jusqu’à la formule actuelle.

La Banque de France fixe deux fois par an (1er février et 1er août) le taux de rémunération du Livret A selon l'évolution de l'inflation et celle du taux du marché monétaire.  

Cette formule consiste à choisir la plus élevée de deux références :

  • une moyenne de taux courts et de l’inflation,
  • ou l’inflation augmentée de 25 points de base avec possibilité d’intervention du ministre des Finances, sur avis du Gouverneur de la Banque de France, pour déroger à cette alternative.

Le rapport qualifie d’opaque cette formule de fixation du taux du Livret A ajoutant :

« les épargnants n’en retiennent que les débats sur les mouvements semestriels de taux (…) et les opérateurs financiers n’en retiennent que le niveau jugé élevé du taux servi ».

Le rapport Duquesne pour une formule "automatique, lisible et simple"

Le but recherché par une réforme était de simplifier la formule de fixation du taux du livret A, tout en respectant l’engagement suivant de François Hollande :

« Je garantirai l’épargne populaire par une rémunération du livret A supérieure à l’inflation en tenant compte de l’évolution de la croissance ».

Ainsi le rapport suggérerait que le taux du livret A soit la somme du taux d’inflation en glissement sur les douze derniers mois et de 10% du taux de croissance constaté également sur une période de douze mois. En cas de récession, le taux d’intérêt servi serait égal au taux d’inflation. Il n'y aurait  donc plus eu de majoration systématique d'un quart de point comme actuellement.

L’avantage mis en avant était l’absence de choix mais également une formule assurant « à tout moment de la prévisibilité aux déposants mais aussi aux emprunteurs de ressources d’épargne sur livret ». De même le rapport suggérait que pour garantir l’automaticité de cette formule, ni le Gouverneur de la Banque de France ni le ministre des Finances n’interviennent.

Un ajustement annuel du taux par souci de simplification et non plus semestriel était également préconisé.

Calcul du taux du Livret A : un sujet sensible justifiant l'abandon d'une réforme

Les Echos évoquait hier matin le projet de décret relatif à la réforme du partage de cette épargne entre les banques et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). A cette occasion  le quotidien annonce que la révision de la formule du taux du Livret A, présentée ci-dessus, a été abandonnée, précisant même que cette décision a fait l’unanimité. « Le gouvernement n’a pas osé se saisir d’un sujet aussi sensible » avance le quotidien.

 

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