Quelles conséquences de la crise au Japon sur l’économie et les marchés financiers ? Voici quelques éléments d’analyse...
Un accident nucléaire s’est produit et ce dernier augmentera sensiblement le coût économique global de la catastrophe. Si les retombées radioactives sont « contenues » (i.e. très inférieures à celles de Tchernobyl), l’économie japonaise resterait la principale victime et le reste du monde serait en définitive peu touché.
Dans le cas contraire, un mouvement de panique chez les investisseurs assorti d’une brutale remontée de l’aversion pour le risque ferait sans doute réagir les banques centrales : la Fed et la BCE pourraient prendre des mesures exceptionnelles d’injection de liquidités pour endiguer un éventuel risque systémique.
A ce jour, nous privilégions le 1er scénario et les lignes de force de notre scénario macroéconomique demeurent inchangées : la croissance mondiale devrait tenir bon, les pressions inflationnistes persisteront et nous escomptons toujours une première hausse des taux directeurs de la BCE au printemps (bien avant la Fed).
Quel impact économique ?
· Pour évaluer les conséquences du tsunami du 11 mars dernier, le tremblement de terre de Kobe (survenu le 17 janvier 1995) offre un précédent riche d’enseignements. On estime les pertes de richesse subies à l’époque par l’économie nipponne à quelque 2,5% du PIB. La zone touchée représentait entre 6 et 7% du PIB, contre 9,5% du PIB aujourd’hui.
· D’un point de vue économique, une telle catastrophe constitue ce que l’on appelle un « choc d’offre » :
- D’une part, les capacités de production tournent au ralenti. Plusieurs centrales nucléaires ont cessé de fonctionner (ce qui représente 20% de la capacité nucléaire japonaise) et certaines d’entre elles seront mises définitivement hors d’usage. Il s’ensuit des coupures d’électricité qui empêchent des usines de tourner et désorganisent l’ensemble de l’appareil de production ; cela pourrait durer plusieurs mois. Les usines automobiles et de biens d’équipement électriques sont aujourd’hui les plus touchées. Dans ces conditions, la production industrielle va chuter, probablement davantage et pendant plus longtemps qu’en 1995 (en 1995, la production industrielle n’avait reculé que durant le mois de janvier).
- D’autre part, une partie du stock de capital est détruit (dans les zones dévastées par le tsunami) voire définitivement hors d’usage (en cas de retombées radioactives importantes), ce qui en définitive diminue le potentiel de croissance de l’économie.
· L’intensification récente de la menace nucléaire augmentera le coût économique global. La menace altère la confiance des chefs d’entreprise et des ménages en dehors des zones sinistrées. De nombreux projets d’investissement sont ainsi probablement suspendus et on enregistre déjà une baisse de l’activité économique dans l’agglomération de Tokyo (qui représente 18% du PIB). Dans le pire des cas, des mouvements de panique de la population sont possibles, accompagnés de chute des approvisionnements, d’une pénurie alimentaire et d’une baisse plus durable de la production. Dans ce cas de figure, des pans entiers de l’économie tourneraient au ralenti. Il est impossible d’évaluer le coût global ex ante.
· Un choc de cette nature ne remet pas en cause le fait que les dépenses de reconstruction doperont tôt ou tard la croissance. Les flux de dépenses induits par la reconstruction avaient stimulé l’activité très rapidement en 1995. On table sur une configuration du même type en 2011, mais il faudra sans doute attendre le 2nd semestre.
· Toutefois, le rebond de la croissance attendu ne permet pas nécessairement de reconstituer le stock de capital initial ! Dit autrement, le potentiel de croissance de l’économie japonaise est peut-être durablement affaibli. Il pourrait en résulter des pressions inflationnistes locales plus rapidement que prévu…
Quel est le coût direct pour le reste du monde ?
· L’impact direct sur la croissance mondiale devrait être contenu. En effet, le Japon étant exportateur net de biens et services, le canal traditionnel du commerce n’est pas susceptible de faire dérailler la croissance mondiale. En revanche, l’incapacité temporaire de certaines usines à produire va se traduire par une baisse des exportations japonaises qui menace de désorganiser temporairement les chaînes de production, notamment dans le reste de l’Asie.
· Dans le pire des cas, la présence d’un nuage radioactif itinérant (au gré des vents !) pourrait diminuer la production pendant plusieurs semaines dans certains pays proches (Corée et Chine) et semer un vent de panique chez les investisseurs. L’impact induit sur la croissance mondiale est impossible à évaluer. Il serait toutefois, lui aussi de courte durée…
Amundi Asset Management
Amundi - Société anonyme au capital de 578 002 350 euros - Siège social : 90, boulevard Pasteur, 75015 Paris - Société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF n° GP 04000036 - 437 574 452 RCS Paris. Les informations figurant dans cette publication ne visent pas à être distribuées ni utilisées par toute personne ou entité dans un pays ou une juridiction où cette distribution ou utilisation serait contraire aux dispositions légales ou réglementaires, ou qui imposerait à Amundi ou ses sociétés affiliées de se conformer aux obligations d’enregistrement de ces pays.
Les données et informations figurant dans cette publication sont fournies à titre d’information uniquement. Aucune information contenue dans cette publication ne constitue une offre ou une sollicitation par un membre quelconque du groupe Amundi de fournir un conseil ou un service d’investissement ou pour acheter ou vendre des instruments financiers. Les informations contenues dans cette publication sont basées sur des sources que nous considérons fiables, mais nous ne garantissons pas qu’elles soient exactes, complètes, valides ou à propos et ne doivent pas être considérées comme telles à quelle que fin que ce soit.