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Comment vérifier qu'un bien est authentique ?

Mémento pratique Francis Lefebvre 2010

Si les experts peuvent délivrer des certificats d’authenticité, il n’est pas toujours nécessaire, pour authentifier un bien, de disposer d’un tel certificat. Les maisons de ventes aux enchères sont ainsi tenues de fournir des documents qui attestent du degré d’authenticité du bien vendu ; il ne s’agit pas, à proprement parler, de certificats d’authenticité mais elles sont responsables des indications consignées dans les catalogues ou dans les bordereaux de vente.

Il existe également d’autres voies pour établir l’authenticité d’un objet. Ainsi, les conservateurs de musée ou les historiens de l’art donnent régulièrement leur point de vue sur des œuvres (même s’ils ne délivrent pas de certificats d’authenticité). Certains réalisent des monographies sur tel ou tel artiste et ont un si haut niveau de compétence que leur avis est nécessaire pour une vente sur le marché de l’art.


De même, le catalogue raisonné ou le catalogue de l’œuvre complète d’un artiste, réalisé par un spécialiste de l’artiste (un conservateur, un universitaire, un érudit passionné, un héritier de l’artiste ou un expert), a souvent pour vocation de répertorier l’intégralité des œuvres de l’artiste concerné. Si le catalogue mentionne l’œuvre en cause, on peut présumer de son authenticité.
Enfin, un avis des ayants droit de l’artiste ou ducomité d’artistes (composé d’ayants droit de l’artiste, de personnes passionnées par l’œuvre de l’artiste ou de proches de sa famille) créé autour de son œuvre peut permettre d’établir la paternité de l’œuvre concernée.

 


Authenticité : les mots à connaître

 

Tous les professionnels du marché de l’art doivent fournir à l’acheteur un document qui décrit le bien vendu avec des mentions précises. La rédaction de ce document est très importante.

En effet, il est possible, par une présentation ambiguë, de vendre un bien pour ce qu’il n’est pas. Un décret du 3 mars 1981 (modifié en 2001), dit décret Marcus, a établi avec précision le sens des mentions retenues lors des descriptions d’œuvres d’art ou de meubles dans les catalogues de vente, les factures d’achat, les certificats d’authenticité, les inventaires ou les bordereaux de ventes aux enchères.

Attention
L’acheteur doit être très vigilant sur la description du bien offert par le vendeur. En effet, c’est la description de ce bien et les mentions qui lui sont associées qui détermineront les recours éventuels en cas de litige sur l’authenticité du bien.

 

Les mentions définies pour les œuvres d’art sont :
-­ Œuvre de …, par …, signée de … ou description de l’œuvre avec le nom de l’artiste sans restriction ou réserve sur l’authenticité. Ces mentions garantissent que l’œuvre a bien été entièrement réalisée par l’artiste indiqué. Il s’agit donc d’une œuvre authentique.

Exemples : huile sur toile de Picasso, signée Picasso, par Picasso, « Paysage » Picasso, etc. Le seul fait de mentionner « Renoir » suffit à faire considérer l’œuvre comme authentique.
C’est une rédaction habituelle, notamment dans les catalogues de ventes aux enchères.

­- Œuvre attribuée à …. Cette mention suivie du nom de l’artiste garantit que l’œuvre a été réalisée pendant la période de production de l’artiste concerné et qu’il existe des présomptions sérieuses pour que l’œuvre soit de cet artiste.
Toutefois, il existe un doute sur l’authenticité de l’œuvre et cette authenticité pourra être réfutée ou établie ultérieurement par des éléments nouveaux. Cette mention est la plus ambiguë et la plus aléatoire, car le bien est potentiellement authentique ou … non authentique.


­- Œuvre de l’atelier de …. Cette rédaction garantit que l’œuvre a été exécutée dans l’atelier du maître cité ou sous sa direction (exemple : Atelier de David). La mention d’un atelier doit obligatoirement être suivie d’une indication d’époque dans le cas d’un atelier familial ayant conservé le même nom sur plusieurs générations.


-­ Œuvre de l’école de …. L’auteur de l’œuvre est un élève du maître cité, a notoirement subi son influence ou bénéficié de sa technique. L’œuvre doit avoir été réalisée du vivant du maître ou moins de cinquante ans après sa mort (exemple : Ecole de Delacroix). Si c’est un lieu qui est précisé, l’emploi du terme « école de » garantit que l’œuvre a été exécutée pendant la durée d’existence du mouvement artistique désigné, dont l’époque doit être précisée, et par un artiste ayant participé à ce mouvement (exemple : Ecole de Pont Aven).


-­ Dans le style de …, dans le goût de …, manière de …, genre de …, d’après …, façon de …. Ces mentions ne donnent aucune garantie particulière sur l’authenticité de l’œuvre en ce qui concerne l’identité de l’artiste, la date de l’œuvre ou de l’école.


Pour les meubles, les termes utilisés sont les suivants :
­- Epoque …. Cette mention suivie d’un siècle ou d’une période historique signifie que le meuble ou le bien est de l’époque indiquée (par exemple, commode d’époque Louis XIV). La dénomination d’un objet suivie de la référence à une période historique, un siècle ou une époque garantit à l’acheteur que cet objet a été effectivement produit au cours de la période de référence (exemple : fauteuil Directoire). Si une ou plusieurs parties de l’objet sont d’une époque postérieure, l’acquéreur doit en être informé.


-­ Estampille …. Sauf réserve expresse sur l’authenticité, l’indication qu’un meuble porte l’estampille d’un ébéniste garantit que ce dernier en est effectivement l’auteur.


-­ Style …. Cette mention ne donne aucune garantie particulière de date du meuble. Elle signifie que le meuble a été réalisé dans le style de l’époque ou de la période indiqué (exemple : secrétaire de style Empire).

 

Sur les sites de courtage comme eBay, il est fréquent que des œuvres soient proposées avec des descriptions et des authenticités douteuses (dessins ou tableaux signés d’artistes très connus à des prix dérisoires, etc.). Il faut se méfier, car des vendeurs proposent parfois de vulgaires faux visant à tromper l’acheteur crédule. Certains n’hésitent pas à jouer d’une certaine confusion : le nom de l’artiste est mentionné en gros et apparaît sur les listings mais le bien est décrit de façon ambigüe (la mention « dans le goût de… » est discrètement ajoutée…).
D’une manière générale, le cyberacheteur doit être très attentif : on ne trouve pas de Renoir ou de Gallé pour quelques centaines d’euros… et l’acheteur dupé ne pourra s’en prendre qu’à lui-même si le bien n’est qu’une mauvaise copie.signés d’artistes très connus à des prix dérisoires, etc.). Il faut se méfier, car des vendeurs proposent parfois de vulgaires faux visant à tromper l’acheteur crédule.
Certains n’hésitent pas à jouer d’une certaine confusion : le nom de l’artiste est mentionné en gros et apparaît sur les listings mais le bien est décrit de façon ambigüe (la mention « dans le goût de… » est discrètement ajoutée…).
D’une manière générale, le cyberacheteur doit être très attentif : on ne trouve pas de Renoir ou de Gallé pour quelques centaines d’euros… et l’acheteur dupé ne pourra s’en prendre qu’à lui-même si le bien n’est qu’une mauvaise copie.