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Bourse : les options "call" et "put"

Mémento pratique Francis Lefebvre 2010

Les options sont des instruments financiers à terme cotés sur un marché spécifique, le Liffe, le marché des dérivés d’Euronext : elles portent sur des actions, des indices boursiers tels que le CAC 40 ou des trackers.
Il existe deux types d’options : les options d’achat qualifiées de « call » et les options de vente appelées « put » ; les intervenants peuvent se porter acheteur ou vendeur de ces contrats.

Quatre stratégies élémentaires peuvent être menées à partir des options. Mais attention, ces stratégies ne sont pas équivalentes car la particularité des options réside dans la dissymétrie entre les droits des acheteurs et les engagements des vendeurs, cette dissymétrie entraînant des risques de nature différente. En position « acheteur », l’investisseur bénéficie du droit d’exercer ou non l’option.

 

C’est lui seul qui décide en fonction de l’évolution du cours du support. En contrepartie, il verse une prime qui représente la rémunération du risque pris par le vendeur. Dans tous les cas, l’acheteur n’aura jamais à payer plus que le montant de cette prime : son risque est donc limité alors que ses espoirs de gains sont potentiellement illimités.

Le vendeur d’une option est dans la situation inverse : il reçoit immédiatement la prime en contrepartie de laquelle il prend l’engagement ferme d’acheter ou de vendre les titres ou l’indice supports du contrat. Il est donc lié par la décision de l’acheteur. Son gain est limité au montant de la prime alors que ses pertes peuvent être illimitées.

 

 

Acheter une option d’achat

 

Acheter une option d’achat c’est acquérir le droit d’acheter, moyennant le versement de la prime, la quantité de l’actif support du contrat (des actions par exemple), à un prix fixé au moment de l’achat (« le prix d’exercice de l’option »), à une date ou pendant une période déterminée.
Lorsque le cours des actions s’élève et devient supérieur au prix d’exercice augmenté du montant de la prime, l’acheteur est gagnant et ses gains sont potentiellement illimités. En cas de baisse des cours, l’acheteur n’exercera pas son droit et ses pertes seront limitées au montant de la prime initialement payée.


Prenons le cas d’un investisseur qui achète le 1er juillet une option d’achat sur l’action A à échéance fin septembre, au prix d’exercice de 350 euros et dont la prime s’élève à 40 euros ; on suppose que ce même jour l’action cote 345 euros. Si l’action A progresse et que son cours devient supérieur à 390 euros (prix d’exercice + prime), l’acheteur est gagnant et réalisera un gain proportionnel à la hausse des cours (potentiellement illimité). En revanche, si le cours de l’action reste inférieur à 390 euros, l’acheteur n’exercera pas son option et enregistrera une perte égale à 40 euros (prime).


Cette stratégie est à utiliser si vous anticipez une hausse sensible des cours de l’actif support du contrat :
­- pour spéculer sur la hausse des cours avec un investissement et un risque limités : vous ne versez que le montant de la prime mais si les cours montent effectivement votre gain sera illimité (égal à la différence entre le cours de bourse et le prix d’exercice majoré de la prime) ;
­- pour fixer le prix d’un achat futur d’actions : par exemple, lorsque vous souhaitez acheter des actions mais que vous ne disposerez des fonds nécessaires que dans six mois et que vous craignez entre-temps une hausse du cours de l’action, l’achat d’un « call » vous permet de fixer à l’avance le prix auquel vous achèterez vos actions ;
­- ou encore pour protéger une vente à découvert : l’achat d’une option d’achat vous permet ainsi de fixer le cours des actions que vous devrez livrer et vous protège contre une remontée brutale de leur cours.

 

 

Acheter une option de vente

 

L’acheteur d’une option de vente se réserve la possibilité de vendre ou non la quantité de l’actif support du contrat à un prix convenu au moment de l’achat et à une date ou pendant une période déterminée. Lorsque le cours du support baisse au-dessous du total formé par le prix d’exercice diminué du montant de la prime, l’acheteur est gagnant : son gain croît proportionnellement à la baisse des cours du titre. En revanche, dans l’hypothèse d’une hausse des cours, ses pertes sont limitées au montant de la prime initialement payée.

 

Par exemple, dans le cas d’une option de vente sur action, au prix d’exercice de 1.000 euros et dont la prime s’élève à 100 euros, l’acheteur est gagnant dès que le cours de l’action descend en dessous de 900 euros (1.000 - 100). Si le cours monte, il n’exerce pas son option et sa perte est limitée à 100 euros.


Vous pouvez vous porter acheteur d’une option de vente si vous anticipez une baisse importante des cours de l’actif support du contrat pour protéger votre portefeuille d’actions contre la baisse des cours : si le cours des actions baisse effectivement, l’option se valorise et vous revendez votre option en réalisant un bénéfice qui vous permet de compenser, au montant de la prime près, la perte latente sur votre portefeuille. Mais vous pouvez aussi l’utiliser dans une optique purement spéculative pour encaisser la différence entre le prix d’exercice de l’option et le cours de bourse.

 

 

Vendre une option d’achat

 

Vendre une option d’achat, c’est prendre l’engagement de vendre à un prix convenu la quantité de l’actif support du contrat à une date ou pendant une période déterminée. En contrepartie, le vendeur reçoit immédiatement le montant de la prime. Son gain est limité au montant de cette prime et ses pertes sont potentiellement illimitées et proportionnelles à la hausse possible des cours.


Prenons le cas d’un investisseur qui vend une option d’achat sur l’action A, à échéance fin juin au prix d’exercice de 500 euros et dont la prime s’élève à 50 euros ; on suppose que ce même jour l’action cote 480 euros. Si le cours de l’action A augmente pour se situer à 580 euros, le vendeur peut être contraint par l’acheteur de lui vendre la quantité d’actions A prévue au contrat au prix convenu de 500 euros : il enregistre donc une perte égale à : 580 - 500 - 50 = 30 euros par action.

S’il détient ces actions en portefeuille, cette perte constitue seulement un manque à gagner. En revanche, s’il n’a pas les titres en portefeuille, il doit les acheter sur le marché au cours de 580 euros pour les revendre à 500 euros et il enregistre une perte sèche de 30 euros.


La vente d’une option d’achat ne doit être effectuée que si vous pariez sur une légère baisse des cours ou leur stabilité : cette stratégie permet d’engranger un gain sur un risque que vous estimez limité. Mais si, contrairement à vos anticipations, les cours augmentent, votre opération sera déficitaire dès lors que l’augmentation des cours sera supérieure au montant de la prime encaissée.
 

 

Vendre une option de vente


Le vendeur d’une option de vente s’engage à acheter les actions au prix d’exercice convenu et à la date ou pendant une période déterminée si l’acheteur de l’option le demande : son gain est limité au montant de la prime initialement reçue. En revanche, ses pertes sont potentiellement illimitées si le cours des titres ou de l’indice supports du contrat chute.
Vous ne vendrez donc une option de vente que si vous anticipez une stabilité ou une légère hausse du cours de l’actif support du contrat.