Désaffection profonde des particuliers pour la bourse : plus de 1 million d'investisseurs individuels l'ont quitté en deux ans. Mais les particuliers n'ont pas totalement déserté le marché : ils font des allers-retours au gré des évolutions...
La crise a visiblement éloigné le grand public de la Bourse : plus de 1 million de particuliers ont quitté les marchés depuis fin 2008. Les actionnaires individuels sont en effet passés de 13,8 % des Français fin 2008 à 11,2 % en septembre 2010, selon les données issues de l'étude Sofia de TNS Sofres.
Autrement dit, on comptait 6,4 millions de petits porteurs il y a deux ans, 5,7 millions il y a un an, et ils ne sont plus que 5,2 millions aujourd'hui (1). « La baisse est quasi continue depuis fin 2008, commente Michaël Pergament, directeur d'études au sein de l'institut de sondage. Les turbulences des marchés ont rendu les Français frileux à l'égard des actions. » Depuis le début de l'année, le CAC 40 est tout juste à l'équilibre. Il reste 37 % en dessous des niveaux de juin 2007.
Attentisme
Beaucoup de professionnels - en particulier les courtiers en ligne -n'y voient cependant pas une fuite définitive. « L a crise a certes ébranlé les investisseurs, mais cela n'a rien de comparable avec la bulle des années 2000. Ils sont prudents, mais reviennent sur le marché dès que la tendance s'améliore », remarque Fabien Vrignon, directeur Bourse de Cortal Consors France, qui évoque un retour des investisseurs en ligne ces dernières semaines. « On constate une nette hausse début novembre avec des journées de forts volumes, alors que le CAC 40 approche des 4.000 points », appuie Pascal Donnais, président du directoire de Fortuneo.
Le passage de l'indice vedette dans le vert depuis le début de l'année pourrait-il inciter le grand public à investir de nouveau ? Cela reste à voir. Car, au cours des derniers mois, les petits porteurs ont eu tendance à faire des allers-retours au gré de l'évolution des marchés. Après un premier semestre montrant une légère progression de l'activité de courtage, l'été fut particulièrement creux. Le recul des Bourses a eu raison des nerfs des internautes : le nombre d'ordres en ligne est tombé au-dessous du seuil du million. Ils ont chuté de presque 30 % à la fois en août et en septembre, selon les données de l'Acsel.
« Les investisseurs classiques sont globalement attentistes lorsque le CAC 40 évolue dans une fourchette étroite ou lorsqu'il baisse, reprend Fabien Vrignon. Mais on a vu aussi dans cette crise qu'ils savaient tirer parti des opportunités. Les particuliers ne sont pas insensibles à la volatilité. » En témoigne, le pic des transactions et des ouvertures de compte chez les courtiers à l'automne 2008, peu après la faillite de Lehman Brothers. Le nombre d'ordres en ligne avait dépassé 1,5 million en octobre 2008.
Marina ALCARAZ