Les rendements des obligations d'Etat européennes se sont détendus après de nouvelles statistiques décevantes, alors que les places boursières, anémiques pour cause de fermeture de Wall Street, clôturaient sur de faibles baisses. L'euro, est demeuré stable, au dessus de 1,25 dollar.
Compte tenu de la fermeture des marchés boursiers américains, les places du Vieux Continent ont connu hier une séance calme et toujours bien peu inspirée, après leur sérieux passage à vide de la semaine passée. Ainsi, l'indice CAC 40 a reculé de 0,48%, à 3.332,46 points, proche de son plus bas annuel en clôture (3.331,29 points, atteint le 25 mai dernier) tandis que Londres et Francfort ont clôturé sur des baisses respectives de 0,30% et 0,31%. La Bourse de Milan était, elle, plus affectée, avec un repli de 1,18 %. L'euro, stable, avait visiblement la tête ailleurs. Il a évolué entre 1,25 et 1,2550 dollar durant la journée pour terminer à 1,2530 dollar, soit un repli de 0,11%. En l'absence de statistiques américaines, les opérateurs et investisseurs ont pu se concentrer sur les données européennes, guère fameuses sans être pour autant dramatiques.
Ainsi, les ventes au détail dans la zone euro ont modestement rebondi en mai, de 0,2%, après leur lourde chute du mois précédent (- 1,2%, chiffre révisé en baisse), selon les statistiques établies par Eurostat. Les rendements des obligations d'Etat européennes se sont nettement détendus après cette annonce, guère encourageante pour les perspectives de croissance du Vieux Continent. Ainsi, le rendement de l'OAT française à 10 ans de référence a perdu 5 points de base, à 2,92%, tandis que celui du Bund allemand de même échéance cédait en clôture 4 points de base, à 2,54%.
Depuis le début de la crise, les gouvernements se sont dépensés sans compter (dépenses publiques, politique fiscale…) pour sortir leurs pays du marasme et éviter qu'ils ne s'enfoncent durablement dans la récession. Mais avec quelle efficacité ?
Une étude de réflexion menée par trois économistes de la Banque centrale européenne (BCE), Antonio Afonso, Hans Peter Grüner et Christina Kolerus (1), qui n'engage pas l'opinion de la BCE, vise à savoir si les crises financières modifient l'impact des politiques de stimulation fiscale et de dépenses publiques sur l'activité et permettent ainsi à la croissance de redémarrer lorsque c'est le plus nécessaire, voire vital.
Faible différentiel
Sur longue période (1981-2007) et sur un large panel de 127 pays (OCDE et non-OCDE), il s'avère que l'allégement de la pression fiscale et la hausse des dépenses publiques semblent avoir un effet d'une ampleur comparable sur l'activité et la croissance lors des phases de crise comme en « temps normal ». Le multiplicateur fiscal (augmentation du revenu et de la production résultant d'une diminution des impôts ou des transferts nets à l'Etat) évolue historiquement entre 0,6 et 0,8, et n'est pas très différent lors de ces deux périodes (crise et non-crise).
En revanche, l'étude souligne que « lorsqu'une crise bancaire se produit, nos résultats ne supportent pas l'idée que des politiques fiscales expansionnistes ont un effet positif sur la croissance économique ».
Nessim AIT-KACIMI