Dans le cadre de la semaine de l'ISR (du 4 au 10 octobre), dans cette première partie de notre dossier, nous avons classé les différentes approches de l'investissement socialement responsable. Un guide pratique et thématique.
Réservé dans un premier temps aux investissements des membres des congrégations religieuses, l’investissement socialement responsable (ISR), s’est rapidement ouvert aux investisseurs particuliers, grâce à l’émergence d’une classe entière de professionnels spécialisée dans ce type d’investissement. Aujourd’hui, si les épargnants ont ainsi accès à des fonds socialement responsables, Il n’est cependant pas toujours aisé de s'y retrouver parmi les différentes approches et facettes de l'ISR, les gérants et investisseurs ne privilégiant pas les mêmes critères.
Les fonds de pensions étrangers, notamment anglo-saxons et scandinaves, proposent des filtres d'exclusion comme principale approche ISR, alors que les institutionnels français vont souvent préférer des approches qui vont intégrer des filtres sélectifs.
Il est donc utile de passer en revue les différentes approches de l'investissement socialement responsable et de la finance éthique.
L’approche exclusive
L’approche dite « d’exclusion » est la méthode originelle des fonds ISR, plutôt en vogue dans les pays anglo-saxons. Ces fonds sont les premiers à avoir existé quand les congrégations religieuses (aux Etat Unis dès le XVIIIème siècle et plus récemment en France), étaient soucieuses d’effectuer leurs investissements en respectant des critères moraux.
Le gérant va donc exclure de ses choix des valeurs ou des secteurs entiers d’activité comme l’armement, le tabac, le jeu, le sexe, appelés aussi « valeurs du pêché » Ces exclusions vont être liées à des critères politiques, à des produits ou à des services (vente d’armes, production de tabac ou d’alcool…).
Si les pays anglo-saxons ont beaucoup développée cette approche, elle reste peu courante en France.
L’approche « Best in class »
Plutôt que d’appliquer des critères d’exclusion, cette méthode de gestion, la plus répandue en France, a comme principe d’opérer une sélection des sociétés les mieux notées en matière de respect des questions extra-financières.
Le gérant va opter pour les « meilleurs de la classe », et choisir les entreprises qui ont le meilleur comportement sur le plan des questions ESG : Environnementales, Sociales et de Gouvernance d'entreprise. Seront également sélectionnées les sociétés ayant le plus progressé (on parle alors de "best efforts") en fonction de ces mêmes critères ESG.
L’approche thématique
Cette méthode recouvre les fonds qui vont privilégier un ou plusieurs thèmes extra-financiers précis comme l’environnement, l’eau, les énergies renouvelables, le changement climatique….
Ces fonds ont connu un fort développement ces dernières années plus particulièrement sur la question environnementale.
L'approche solidaire ou de partage :
•l’approche de partage : le gérant qui applique des critères extra-financiers pour le choix de ses secteurs et valeurs, va redistribuer une partie des gains à des associations ou ONG qui sont impliquées dans l’économie solidaire.
•l'approche solidaire : Ces fonds financent des acteurs et des projets issus de l’économie solidaire (projets d'insertion, commerce équitable, etc.).
L’approche activiste :
Il s’agit ici de pratiquer l’engagement et le dialogue direct avec les directions des entreprises.
On rencontre cette approche surtout dans des pays où la culture du lobbying est parfaitement intégrée c'est-à-dire aux Etats-Unis, en Angleterre et surtout en Suisse, pays dans lequel la fondation Ethos regroupe les intérêts de nombreux fonds suisses.
Si le dialogue préalable ne permet pas d’obtenir les résultats escomptés, l’action consistera à proposer le vote de résolutions en assemblée générale pour favoriser, dans les activités d'investissement, la prise en compte des principes de développement durable et des règles de bonne pratique de gouvernement d'entreprise.
L'investissement socialement responsable (ISR) revêt ainsi des formes multiples. En France, c’est le pari de la sélection positive qui s’est développé, la majorité des investissements ISR étant réalisée selon la méthode dite de «best in class». A la demande de leurs clients, ce mode de gestion peut être cependant être complété par une approche d’exclusion de certains secteurs (le nucléaire, les OGM, à titre d’exemple), approche plus développée dans les pays anglo-saxons.