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Enquête : les marchés financiers en 2012, bis repetita ?

enquête marchés financiers 2011

Suite de notre enquête consacrée à la bourse et aux marchés financiers, pour tenter cette fois de dépeindre quel terrain de jeu on trouvera sur 2012. Notamment en terme de rendements et de risques...

Malgré un démarrage plutôt encourageant des s marchés actions en ce début d’année, le thème du désendettement (des Etats, des banques) qui a dominé l’an dernier devrait continuer d’alimenter la volatilité des marchés financiers en 2012.


Les investisseurs restent suspendus à l’évolution de la crise de la dette en zone euro : y aura-t-il restructuration de la dette d’un Etat (la Grèce reste le candidat privilégié en début d’année) ? Si défaut il y a, sera-t-il ordonné ou désordonné ? Pour l’heure aucun investisseur ne veut croire à un défaut désordonné, mais nombreux sont ceux qui ont étudié cette éventualité. Il suffit de se rappeler qu’en 2011, personne n’envisageait une sortie de la Grèce de la zone euro jusqu’au G20 de Cannes (3-4 novembre) où cette hypothèse a alors été ouvertement admise.

 

L’année 2011 s’est clôturée sur un goût d’inachevé : malgré plusieurs sommets, l’Europe a du mal à parler d’une seule voix et à agir plus vite que ne le souhaitent les marchés. La Bourse espérait une action plus marquée de la BCE, qui n’a pas dégainé son « bazooka » pour racheter massivement des dettes souveraines. Elle s’est cependant engagée à garantir aux banques un accès illimité aux liquidités avec l’espoir que la distribution de crédit repartira une fois la récession passée.

 

Aux Etats-Unis, des statistiques (sur l’emploi notamment) alimentent l’espoir d’une reprise graduelle de l’économie, durant une année présidentielle. Du coup, les sujets qui fâchent (impôts, dette publique) seront peut-être renvoyés à 2013.

 

Dans les émergents, les investisseurs ont les yeux rivés sur la Chine où il doit aussi y avoir une transition politique et où des risques sont apparus dans le système financier local. Toutefois, la Chine dispose des plus importantes réserves de change au monde et peut soutenir son économie. Question : cela suffira-t-il à rassurer les investisseurs ?

 


Rendement et risque

 

En 2012, les thèmes majeurs seront la recherche de rendement et la maîtrise des risques (!), explique Alan Brown, CIO de Schroders. A écouter les sociétés de gestion, on a surtout l’impression d’un manque de convictions. Tous ces professionnels recommandent aux investisseurs d’être « tactique », en gros d’être capable de changer de braquet au moindre soubresaut des marchés.

 

Les obligations d’Etats sont chères. Elles l’étaient déjà début 2011 et pourraient le rester dans l’éventualité d’un « double-dip ». A l’inverse, les actions sont bon marché, mais pourraient aussi le rester dans l’éventualité d’une rechute de l’économie mondiale.

 

Concernant, les actions, il est étonnant de voir à quel point le consensus était unanime fin 2010 pour voir en 2011 une hausse significative des actions et à quel point il est aujourd’hui divisé sur le sort de cette classe d’actif. Les anticipations des grands brokers pour les actions européennes allaient de +22% à -15%, avec toutefois une majorité d’avis négatifs – des avis largement contredits par le marché. En revenant plus fortement sur les actions depuis la mi-décembre, investisseurs saluent la récente décision de la BCE d’injecter massivement des liquidités pour éviter tout risque de crise bancaire systémique .

 

Pour trouver du rendement, nombreuses sont les sociétés de gestion qui recommandent de privilégier les obligations d’entreprise, le high yield (alors que cette classe d’actifs a déjà bien performé), voire les obligations convertibles.


Rares sont ceux qui recommandent une approche prudente dans l’esprit de Benjamin Graham : détenir du cash et attendre que les vraies bonnes opportunités se présentent (comme en septembre 2011).


Le désamour généralisé à l’écart des actions offre des opportunités d’investissement, même si certaines ont déjà largement commencé à être jouées depuis mi-décembre (valeurs cycliques par exemple).


Le cash est parfois cité comme une protection des portefeuilles. Personnellement, je pense qu’il est devrait être le premier actif à détenir en attendant que les beaux dossiers de la cote offrent une réelle marge de sûreté pour être achetés, même si l’on peut déjà en repérer quelques-uns. Il ne faut toutefois pas négliger le pouvoir des autorités monétaires (Fed, BCE…). Si ces dernières continuent d’injecter massivement des liquidités et que de meilleures nouvelles macro-économiques se font jour (ce que l’on de plus en plus actuellement), les actifs risqués sont sans doute LA classe d’actifs à détenir de manière plus prononcée dans les portefeuilles.
 

 

J. Jovene