Les echos -

Inflation : les craintes et la réalité

Selon un baromètre Ifop/Robeco, une majorité de Français perçoit une inflation supérieure à la réalité. Et craint qu'elle n'érode le rendement de leurs placements financiers.

Sur les douze derniers mois, l'inflation est estimée à 11,2 % par les Français...contre un taux réels de 2,2 %. C'est ce qui ressort d'un baromètre IFOP pour Robeco Gestions (réalisé à la mi-septembre auprès de 950 personnes). Dans le détail, « la surestimation est patente s'agissant des produits alimentaires », notent les auteurs de l'étude, « puisque le taux d'augmentation estimé s'établit à 11,4 % alors qu'il n'a été en réalité que de + 3 % ». En revanche, le ressenti des personnes interrogées sur l'augmentation du prix de l'essence est plutôt en ligne avec la réalité (15,1 % estimé, contre 13,8 % selon l'INSEE). Pour ce qui est de l'immobilier 84 % des Français estiment que les prix ont monté, de l'ordre de +13,1 %. Le « prix des loisirs » se serait lui aussi renchéri sur un an (pour 67 % des répondants) de 13,8 % en moyenne.

 

 

Adapter ses dépenses

 

Dans ce contexte, « 89 % des personnes interrogées estiment que l'inflation a un impact sur leur pouvoir d'achat ». Conséquence directe, 63 % d'entre elles ont l'intention « de modifier leurs comportements du fait de l'inflation ». Plus largement, 72 % des répondants « envisagent de dépenser moins dans les mois à venir », avec une différence notable : pour les auteurs de l'étude, cette règle de conduite a été adoptée par les « catégories socioprofessionnelles supérieures », alors qu'elle concernait auparavant « principalement les catégories modestes ». Face à ce sentiment d'érosion du pouvoir d'achat, 39 % des personnes déclarent avoir l'intention d'épargner...moins, et « seulement  22 % davantage ».

 

 

Quelle conséquence sur le patrimoine ?

 

Quel pourrait être l'impact de cette inflation sur les placements des Français  ? « Ils demeurent majoritairement inquiets » de son effet sur leurs placements (à 53 %) et en attendent des rendements limités. Ainsi, 71 % des détenteurs de produits financiers interrogés estiment que « leurs placements n'atteindront pas leurs objectifs de rendement dans les mois à venir ».

 



Edouard LEDERER