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Le patrimoine des Français s'est stabilisé malgré la crise

en partenariat avec Les Echos

Malgré la crise, le patrimoine des Français a très légèrement progressé (+ 0,2%), pour atteindre 9.275 milliards d'euros fin 2009, indique l'Insee dans une étude rendue publique vendredi.

Curieux paradoxe. Alors que l'économie a connu l'an dernier sa plus profonde récession de l'après-guerre, le patrimoine des Français est, lui, resté stable. Il a même très légèrement progressé (+ 0,2%), pour atteindre 9.275 milliards d'euros fin 2009, indique l'Insee dans une étude rendue publique vendredi.


Pour autant, la crise n'a pas laissé indemne la richesse des ménages. Mais c'est dès 2008 que le choc s'est manifesté : la valeur du patrimoine s'était alors nettement replié (- 3,8%), mettant fin à dix années de très forte croissance (+ 9,6% en moyenne par an). Les performances de 2009 n'auront donc pas suffi à effacer les pertes de 2008 : le patrimoine des Français équivaut aujourd'hui à 7,3 années de revenu net disponible, contre 7,9 années deux ans plus tôt.

 

Selon l'institut statistique, la stabilisation de l'an dernier « résulte de deux effets de sens opposé : le redressement du patrimoine financier, en majeure partie compensé par la poursuite du recul du patrimoine non financier ». Ce dernier, quasi essentiellement composé de biens immobiliers, constitue presque les trois quarts du patrimoine global des ménages. Mais sa valeur a reculé pour la deuxième année d'affilée (- 3% en 2009), « essentiellement sous l'effet de la baisse des prix ». Ce repli est toutefois à mettre au regard du dynamisme des années passées : entre 1997 et 2007, le patrimoine immobilier bondissait de 11,3% par an, sous l'effet de l'envolée des prix du marché.

 

Après s'être replié en 2008, le patrimoine financier s'est en revanche franchement redressé. Il s'est même offert le luxe de retrouver son niveau d'avant la crise, en bondissant de près de 10% (à 2.507 milliards d'euros). Cela est lié au redressement de la valeur des actions (l'indice CAC 40 a gagné 22% en 2009) mais aussi aux nouveaux placements financiers. Et les Français, voyant la hausse des cours de Bourse, en ont profité pour réallouer leur épargne : « Ils réduisent leur formation d'avoirs en numéraire et en dépôt, la rémunération des comptes sur livret et des plans d'épargne étant en forte baisse », note l'Insee. Après l'avoir délaissé en 2008, les ménages sont revenus vers l'assurance-vie, dont les encours ont augmenté de 9 %. Même engouement pour les OPCVM, en hausse de 12,4%.

 

Au final, les ménages détiennent les trois quarts de la richesse du pays. La valeur du patrimoine économique national, qui comptabilise le patrimoine des particuliers mais aussi des entreprises et des administrations publiques, s'est élevée à 12.115 milliards d'euros fin 2009. Il a tout de même diminué pour la deuxième année consécutive mais à un rythme plus modéré : - 1,8%, après - 3,2% en 2008. Cela s'explique par la forte baisse du patrimoine des entreprises (- 12,8%) mais aussi des administrations publiques (- 27,1%) « sous l'effet principalement du creusement de leur besoin de financement ».

 

 

Frédéric SCHAEFFER