Alors que les autorités (Autorité des Marchés Financiers et Autorité de Contrôle Prudentiel) appellent à la vigilance vis -à-vis des produits structurés, un spécialiste explique les principes de ces produits et les pièges à éviter.
Equitim conçoit à la demande de ses clients des produits structurés. Damien Leclair, fondateur de Equitim nous expose son point de vue.
Damien Leclair : Il permet de bénéficier de la dynamique des marchés financiers en définissant par avance votre niveau de risque. Classe d'actifs à part entière, le produit structuré remplit un double objectif : répondre précisément à un objectif de placement, (rendement, durée…) et s'adapter au profil de risque de chaque client (en apportant une garantie totale ou des niveaux différents de protection). Un produit structuré est le plus souvent émis sous la forme d'une obligation structurée (EMTN). Cette obligation est garantie par la banque émettrice. Les produits structurés peuvent être hébergés sur les comptes titres ou sur les contrats d'assurance vie ou les contrats de capitalisation, mais ils ne sont pas éligibles au plan d'épargne en actions (PEA).
Damien Leclair : Un produit structuré est la combinaison d'instruments de types obligataires et de produits dérivés. Pour garantir le capital, une partie importante de l'investissement structuré est investi en obligation zéro coupon (obligation qui verse tous les coupons à l'échéance). En fonction du temps et du niveau des taux d'intérêts, la proportion à investir varie fortement. C'est dans la variété des combinaisons possibles que les produits structurés peuvent s'adapter à chaque objectif d'investissement. Supposons que la valeur du taux 6 ans est de 2,70%. Il faut donc 100% / (1+ 2,7%)6 = 85,23% d'obligation zéro coupon pour garantir le capital. Si, pour la distribution du produit, les rétrocessions sont de 2%, il reste donc 100% -85,23% -2% = 12,77% pour acheter la partie optionnelle qui va donner la performance.
Damien Leclair : Je recommande d'éviter : tous les produits dont les sous-jacents sont trop complexes ou méconnus , les barrières américaines qui désactivent la protection à n'importe quel moment de vie du produit. Il est en effet plus difficile d'être au dessus du point de départ à plusieurs reprises qu'à un seul point de constatation.
Damien Leclair : On préférera les produits sur les indices, les paniers équipondérés d'actions, les barrières de protection européenne (un seul point de constatation), les produits donnant du temps pour laisser une chance de revenir dans les conditions de réalisation des scenarii.
Bernard LE COURT