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Immobilier de luxe : les prix flambent à Paris

en partenariat avec Les Echos

Les prix des biens d'exception se sont envolés de près de 15 % à Paris depuis le début de l'année. La pénurie fait rage et les vendeurs ont repris l'avantage. Comptez de 20.000 à 25.000 euros le mètre carré au Champ de Mars…

Imaginez 520 m2 en duplex, exposé plein sud, donnant sur un magnifique jardin privatif de 400 m2 planté d'arbres centenaires, rue de Babylone, en plein coeur du 7e arrondissement. Pourquoi évoquer cet appartement ? Tout simplement parce qu'il incarne le luxe parisien et qu'il est aujourd'hui à vendre… 23,5 millions d'euros. Un prix à la hauteur du lieu, où vécut Yves Saint Laurent quarante ans durant avant d'y mourir en 2008. « L'endroit est mythique et chargé d'histoire, explique Eric Vincent de l'agence Emile Garcin, en charge de la vente. Yves Saint Laurent et Pierre Bergé avaient réuni ici une collection unique d'oeuvres d'art d'ailleurs récemment vendue par Christie's. »


Débarrassé de ses tableaux de maître, meubles signés, sculptures anciennes, pièces d'orfèvrerie et autres tapis, le lieu attend son futur propriétaire pour écrire une nouvelle page de son histoire. « Cet appartement avait été un véritable coup de coeur pour nous car, bien que situé dans un immeuble somme toute assez banal et pas très luxueux, nous avions tout de suite été conquis par ses volumes, sa décoration, ses boiseries, auxquelles nous n'avons jamais rien touché », explique Pierre Bergé. « Son histoire et sa situation en font un bien très rare rive gauche », note Eric Vincent.



Denrée rare


Mais qui peut s'offrir un tel luxe ? Si jusqu'à 4 à 5 millions d'euros la clientèle française reste bien présente, au-delà, elle se réduit considérablement, passant la main aux acheteurs étrangers (asiatiques, nord et sud-américains, anglais, italiens…), très friands de pied-à-terre parisiens. C'est pourquoi « Paris a bien traversé la crise et le marché est de nouveau très porteur, indique Patrick Rissel de Barnes International Rive Gauche. Mais nous sommes en pénurie de biens et les prix se sont envolés de 15 % depuis janvier. » Ce qui vaut pour la rive gauche, vaut pour la rive droite. Dans le Triangle d'or, les candidats acquéreurs ont sauté sur toutes les petites surfaces mises en vente et il n'y a plus grand-chose à céder du côté de l'avenue Montaigne, de l'avenue George-V ou encore de la rue François-1er. « Dans le Triangle d'or, les valeurs de vente tournent autour de 15.000 à 17.000 euros le mètre carré selon la superficie, explique Françoise Kops de l'agence Emile Garcin Rive Droite. Parfois, ils dépassent les 20.000 euros le mètre carré. » Le 16e arrondissement nord est à peine plus abordable : 14.000 à 15.000 euros pour des appartements sans défaut avec vue sur la Seine ou la tour Eiffel.


Dans le 7e arrondissement, « les prix ont également grimpé de 5 à 10 % selon les biens en raison de la pénurie ambiante, raconte Paul Abib, le patron de Grenelle Immobilier. En trente ans d'expérience professionnelle, c'est la première fois que je constate une telle pénurie. » Résultat, les appartements s'y vendent désormais en cinq ou six jours malgré des prix parfois exorbitants. Au Champ de Mars, les valeurs des biens tournent autour de 20.000 à 25.000 euros le mètre carré, mais un vendeur a refusé une proposition à 30.000 euros le mètre carré pour un appartement avec terrasse. « Les vendeurs ont de nouveau la main », confirme Nathalie Naccache, responsable de plusieurs agences Fortis Immo Century 21 dans les arrondissements centraux de Paris.


Autre secteur très coté, Saint-Germain-des-Prés, où une adresse classique se négocie en général de 13.000 à 15.000 euros le mètre carré mais parfois jusqu'à 30.000 euros le mètre carré, par exemple rue des Beaux-Arts ou rue de Seine.
Le secteur du Marais n'échappe pas à cet engouement. Notamment l'île Saint-Louis et la place des Vosges. Là, l'exception se paie également le prix fort. « 15.000 à 20.000 euros le mètre carré, voire 25.000 euros place des Vosges », annonce Emmanuel de Poulpiquet, responsable de Féau Marais. Bref, sur le marché du luxe, on achète avant tout l'adresse.

Colette SABARLY


Hôtels particuliers et maisons : le prix de la rareté / Hôtels particuliers et maisons figurent au rang des biens les plus convoités de la capitale, mais l'offre reste très confidentielle. Côté hôtels particuliers, le gros du marché s'inscrit surtout dans les vieux quartiers de Paris comme le Marais, l'île Saint-Louis, Saint-Germain... Des merveilles d'architecture, souvent classées Monument Historique (ou inscrits à l'inventaire supplémentaire) que l'on peut aussi dénicher aux abords du Champ de Mars ou du parc Monceau, de même que dans le 16e ou encore à Neuilly. Si, à l'image de l'hôtel Lambert (Ile Saint-Louis), certains fleurons passent aux mains des étrangers à des prix astronomiques (entre 50 et 100 millions d'euros), l'essentiel du marché se situe entre 4 et 10 millions d'euros. En témoigne cet hôtel particulier de 320 m2 habitables avec jardin de 350 m2 mis à prix 5,4 millions d'euros dans le 16e Nord. Ou encore ce 620 m2 avec jardin de 125 m2 (plus cour de 80 m2) situé Jardins du Ranelagh proposé à 6,2 millions d'euros. Côté maison, l'offre n'est guère plus étoffée et les prix tout aussi élevés. Une maison loft d'architecte avec verrière, proposant 600 m2 est actuellement à vendre tout près de la rue du Bac à 15 millions d'euros. Rive droite, les opportunités sont plus nombreuses. Comme cette maison située Villa Montmorency à 8,4 millions d'euros pour 430 m2 habitables et 350 m2 de jardin.