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Immobilier  : le nouveau PTZ risque déjà de devoir être modifié

en partenariat avec Les Echos

Les promoteurs pointent du doigt des remboursements mensuels trop lourds dans le cas d'acheteurs de classe moyenne, qui se retrouvent exclus de l'aide. Ils vont analyser d'ici à une semaine le résultat d'une centaine de simulations de transaction pour revoir avec le gouvernement les modalités.

Sitôt annoncé, le prêt à taux zéro plus (PTZ+) semble devoir être revu. Les discussions ont repris entre le secrétariat au Logement et les professionnels de l'immobilier pour le modifier éventuellement d'ici à fin septembre, si les craintes des promoteurs et des banquiers se révèlent fondées. Ces derniers ont découvert l'actuelle mouture du PTZ+ trois jours avant la prise de parole du président de la République mardi. Ils ont pointé du doigt dès mardi des problèmes sur les modalités de remboursement de cette aide (« Les Echos » du 15 septembre). Nicolas Sarkozy leur a promis que les modalités de calcul pourraient être revues afin d'éviter des mensualités de remboursement trop lourdes aboutissant à exclure certains profils d'acquéreurs. En première analyse, « le différé de remboursement ne va pas, il est nettement moins favorable que l'actuel PTZ pour les logements supérieurs à deux pièces dans les zones les plus tendues, surtout l'Ile-de-France », constate Guy Nafilyan, dirigeant de Kaufman & Broad.


Les logements familiaux seraient donc pénalisés. En cause : la fraction du PTZ+ bénéficiant d'un différé de remboursement. Elle serait trop faible, avec seulement 45% du capital prêté dans le meilleur des cas. Un différé qui tombe vite à 15% du prêt, puis 0%. Tout dépend des revenus du ménage emprunteur. C'est pourquoi, « pour un ménage gagnant plus de deux SMIC, le PTZ+ dans ses modalités actuelles ne présente a priori pas d'intérêt, estime Alain Dinin, le patron de Nexity. En dessous de ce seuil de revenus, pour un ménage achetant dans le neuf le PTZ+ améliore de 10% sa capacité de financement ». La déductibilité des intérêts d'emprunt, supprimée au profit du PTZ+, profitaient aux classes moyennes. C'est pourquoi Nicolas Sarkozy avait insisté mardi sur le fait que le PTZ+ n'aurait pas de plafond de ressources et que les classes moyennes, elles aussi, en bénéficieraient, « classes moyennes inférieures et même supérieures », avait-il insisté. Pour l'heure, l'objectif semble manqué.
« En l'état, le PTZ+ ne va intéresser qu'une seule typologie de clientèle : les revenus modestes achetant dans le neuf », résume Alain Dinin.



Simulations de transaction


Tout ceci demande confirmation. Sous l'égide de la Fédération des promoteurs-constructeurs, professionnels de l'immobilier et banquiers se sont concertés mardi soir. Trois banques vont effectuer d'ici à une semaine une centaine de simulations de transaction pour dresser la typologie des clientèles et des zones géographiques pénalisées par les modalités actuelles de remboursement du PTZ+. Le résultat sera analysé avec le secrétariat d'Etat au Logement, pour remanier le projet gouvernemental si les craintes actuelles se confirment.


Cette nouvelle aide, par ailleurs très appréciée pour sa prise en compte de critères comme la zone géographique et la composition familiale, suscite aussi d'autres critiques en aidant moins, dans l'ancien, les logements de catégorie énergétique plus basse que D. L'intention est louable, mais « une rénovation thermique avant la vente permet de vendre plus cher, en payant alors davantage de droits de mutation, et un investisseur ne faisant pas les travaux lui-m ême les paie dans le prix d'achat sans pouvoir les déduire de ses revenus fonciers », remarque le président de l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), Jean Perrin. Pour lui, « le PTZ+ n'est pas la meilleure façon de vendre du vert ».


Myriam CHAUVOT